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Défense des consommateurs : Nécessité d’un véritable arsenal juridique 

  • 30 juillet 2026
  • 4 min de lecture
Défense des consommateurs : Nécessité d’un véritable arsenal juridique 

Alors que les spéculateurs ont le vent en poupe et que le champ des arnaques s’élargit de plus en plus, les armes de défense s’avèrent impuissantes à y faire face.

D’aucuns vont jusqu’à y voir la faillite de tout le système de contrôle et de régulation des pratiques commerciales. Car le phénomène n’est pas, uniquement, propre aux individus exerçant dans les commerces de proximité.

Il s’est, malheureusement, étendu à toutes les activités économiques.

Ni les commerces de grande distribution, ni certaines grandes entreprises industrielles et autres métiers ne sont à exclure ou à exempter de telles pratiques illégales.

La Presse — Au premier plan des préoccupations, on note l’augmentation inarrêtable des prix. Ensuite viennent le rapport qualité-prix et les diverses autres tromperies sur les marchandises.

C’est ainsi que tous les secteurs sont contaminés aussi bien l’officiel que l’informel ou l’anarchique.

Un combat à armes inégales

Pour tout dire, on se trouve acculé à reconnaître qu’il s’agit d’un fléau qui est en train de se généraliser et de s’attaquer à tous les rouages de notre économie nationale.

En face, la lutte semble se dérouler à armes inégales.

D’un côté, nous avons une structure étatique dépendant du ministère du Commerce, à savoir le contrôle économique, et de l’autre des organismes de la société civile : Odc et Oic (Organisation de défense du consommateur et Organisation de l’information du consommateur)  qui se démènent pour peser un tant soit peu dans la balance.

Tous ces efforts ont montré leurs limites. La puissance des lobbies en tous genres a eu raison de toutes les tentatives visant à remettre de l’ordre dans les différents circuits économiques.

Les autorités effectuent, régulièrement, des opérations de contrôle. Des saisies de marchandises sont signalées, des P.-V. sont dressés à l’encontre des contrevenants, des fermetures de locaux sont prononcées etc. Rien n’y fait. C’est comme si on prêchait dans le désert. Dès qu’un fauteur est mis hors d’état de nuire, d’autres apparaissent à la manière des tentacules de la pieuvre.

Comment faire, alors, pour sortir de l’impasse ?

Il est clair que l’État, à lui seul, ne peut venir à bout de cet “empire du mal”. Certes, il ne doit pas baisser les bras et s’avouer vaincu. Mais, bien au contraire, aller de l’avant en renforçant les moyens, en révisant les méthodes d’action et en réactualisant les textes réglementaires. En plus du renforcement des ressources humaines.

Pour lutter, efficacement, contre cette “mafia”, il n’y a rien de mieux que de disposer d’un staff juridique à la hauteur des défis.

Tous ceux qui sont sur le front doivent avoir le bras juridique aussi long que possible.

Impliquer d’autres organisations

Pour ce faire, une collaboration étroite entre les principaux intervenants et, éventuellement, d’autres est très souhaitable. Qu’est-ce à dire ?

À notre sens, il est utile que l’Odc et tous ceux qui ont pris le parti du consommateur tunisien s’unissent et coordonnent leur action afin de donner plus d’efficience à leurs efforts.

Pourquoi ne pas faire appel au corps des avocats ? Le Conseil de l’ordre de ce corps de métier peut jouer un rôle de premier plan dans le cadre de cette lutte. Connaissant l’engagement des “défenseurs de la veuve et de l’orphelin” (comme on se plaît parfois à les désigner) à se mettre du côté du droit, il n’est pas étonnant qu’il y ait des bénévoles pour prêter main-forte à l’Odc. Des avocats volontaires pour voler au secours des Tunisiens victimes des pratiques commerciales illicites, pourquoi pas ? Ce n’est, nullement, étranger aux hommes à la robe noire.

En effet, une organisation de défense des consommateurs doit porter des affaires devant la justice (d’où, justement, la nécessité de réviser le cadre juridique régissant la mission de cette organisation). 

Dans ce cas, la présence d’avocats et d’experts s’impose.

La Ligue tunisienne des droits de l’homme (Ltdh) peut, aussi, avoir sa place dans ce dispositif. Car, justement, la défense des consommateurs n’est-elle pas la défense d’un des droits fondamentaux de l’homme ? 

L’idée est à creuser et à approfondir si on veut vraiment défendre le consommateur tunisien.

Auteur

Amor CHRAIET

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