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Jeunes et addiction : La descente aux enfers commence par la première cigarette…

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  • 21 août 2026
  • 5 min de lecture
Jeunes et addiction : La descente aux enfers commence par la première cigarette…

La première cigarette induit-elle à la première consommation de la drogue ? Il semble que la corrélation existe et que la transition entre le tabac et les substances stupéfiantes ne tient qu’à un fil ! L’intention de consommer une substance addictive se déclenche souvent — voire majoritairement — dans un contexte social qui lui est favorable.

Telle la combustion de la première cigarette allumée, l’addiction est à l’issue d’une descente aux enfers qui, partant d’un petit plaisir de tabac partagé en groupe, conduit vers une dépendance à la nicotine ou à d’autres substances tout aussi addictives et nettement plus nocives et, par conséquent, vers une altération évolutive de la santé et du bien-être.

La Presse — L’addiction fait partie des problèmes de santé publique qui prennent de  l’ampleur dans notre société chez les jeunes, en particulier. Elle est due souvent à un déficit communicationnel entre les générations et plus exactement entre les enfants, d’une part, et leurs parents et enseignants, de l’autre. Tabler sur le dialogue au sein de la famille et de l’environnement scolaire servirait grandement la lutte contre l’addiction chez les jeunes.

«Les jeunes parents doivent donner le bon exemple à leurs enfants en évitant et le tabagisme et la toxicomanie. Ils sont aussi appelés à bien entourer leurs enfants, être à leur écoute mais aussi à les informer sur ce qui est bien et ce qui est mal. Il faut éduquer les enfants de manière à ce qu’ils soient avisés et sensibilisés et à se forger une forte personnalité leur évitant de se laisser tenter par les comportements à risque», souligne le Dr Nabil Ben Salah, chargé de mission auprès du ministre de la Santé et responsable du dossier de l’addictologie à La Presse.

La première cigarette, à dix ans !

Les origines de l’avancement de l’addiction  chez les jeunes émanent, justement, de l’absence d’information et d’encadrement au profit des enfants. Ces derniers représentent des proies faciles aussi bien pour l’addiction que pour ses maîtres. Et pour preuve, l’âge de la première cigarette,— laquelle constitue la première marche que franchissent les futurs tabagiques et toxicomanes—, a chuté d’un cran, passant de treize à dix ans !

C’est en fréquentant l’école primaire que les tabagiques en herbe commencent à goûter au plaisir de fumer. L’on s’interroge, dans de pareilles situations, sur la présence des parents, sur leur rôle de protecteurs, leur autorité sur leurs enfants mais aussi sur leur aptitude à entourer leurs chérubins. Il est évident qu’un fumeur âgé de seulement dix printemps éviterait de faire part de «sa bêtise» à ses parents…Sauf que ces derniers se doivent d’anticiper les faux pas de leurs petits, de les prévenir même ! 

Plus de 30,7% des ados fument…

Pis encore : à cette évolution alarmante, s’ajoute une autre, encore plus atterrante. «L’enquête MedSpad, réalisée sur la période 2013/ 2021, avait montré une inquiétante évolution de la prévalence de la consommation de tabac chez les jeunes âgées de quinze à dix-sept ans. En effet, poursuit le responsable, la prévalence en Tunisie était de 22,6% en 2013. Elle est passée à 25,1% en 2017 et a atteint les 30,7% en 2021». Cette recrudescence soutenue de la consommation du tabac chez les adolescents anticiperait une prévalence sidérante, cinq ans après ladite enquête.

Contexte, souvenir, tentation

La facilité avec laquelle l’addiction gagne du terrain chez les jeunes puise dans le contexte propice à la tentation de la première cigarette, voire aussi, de la première consommation de stupéfiants. Le Dr Ben Salah insiste sur le contexte de la première consommation et son impact sur le renouvellement de l’expérience.

«Si la première cigarette est fumée dans le cadre d’un groupe d’ami(e)s et que l’ambiance laisse à mémoriser un bon souvenir, le risque de retenter le coup afin de revivre le même plaisir, augmente. Du coup, le jeune s’enfonce davantage dans la dépendance à la nicotine, laquelle est par définition, une substance addictive par excellence. Or, si le contexte se limite à une simple envie d’essayer de fumer ou encore s’il génère un mauvais souvenir, le risque de réessayer chute. Idem pour d’autres substances addictives», explique le Dr Ben Salah. 

Néanmoins, être pris au piège de la dépendance varie d’une personne à une autre, d’une substance à une autre. Si certains fumeurs succombent au tabagisme, d’autres pourraient passer leurs vies à ne fumer que deux ou trois cigarettes par jour, sans pour autant  éprouver une irrésistible et insoutenable envie de tabac.

Pour les drogues, en revanche, certaines personnes mettent plus ou moins de temps à s’enfoncer dans la dépendance alors que d’autres le font rapidement. «Pour le  crack (un dérivé de la cocaïne), en revanche, l’addiction agit, immanquablement, dès la première consommation», ajoute-t-il.

Il attitre l’attention, en outre, sur l’effet de la composante génétique sur la facilitation de l’addiction chez certaines personnes.

Accrocher à la cigarette ou à la drogue dès la première ou la énième est dû revient, dans la majorité des cas, à l’influence et à la pression d’une tierce personne comme les amis ou les dealers. Dans le premier comme dans le deuxième cas, il y a lieu de banalisation de la consommation, de fausses informations, d’insistance, de pression voire d’intimidation…

«Certains finissent par accepter pour ne pas être écartés du groupe. Aussi est-il fondamental, pour les parents et les éducateurs, d’informer les enfants sur les méfaits de l’addiction et de leur apprendre à résister à la pression», recommande le responsable du dossier de l’addictologie au ministère de la Santé.

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Auteur

Dorra BEN SALEM

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