A la une Economie

Le vent d’El Fahs séduit le Japon : un projet de 75 MW retenu pour une subvention

  • 2 septembre 2026
  • 4 min de lecture
Le vent d’El Fahs séduit le Japon : un projet de 75 MW retenu pour une subvention

Un nouveau projet d’énergies renouvelables vient renforcer la coopération tuniso-japonaise dans le domaine climatique. Le projet éolien terrestre de 75 MW d’El Fahs a été sélectionné en juillet 2026 pour bénéficier d’une subvention du gouvernement japonais dans le cadre du Mécanisme d’échange de crédits carbone (MCC), fondé sur l’article 6 de l’Accord de Paris. Il s’agit du premier projet éolien tunisien approuvé dans ce mécanisme.

Le projet sera porté par une coentreprise nippo-norvégienne réunissant Eurus Energy Holdings Corporation et Scatec. L’électricité produite à partir de cette future installation éolienne sera destinée à être vendue à la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), selon les informations publiées par le ministère japonais de l’Environnement.

La sélection du projet d’El Fahs constitue une nouvelle étape dans la coopération entre Tunis et Tokyo autour de la décarbonation du secteur énergétique. Selon le ministère japonais de l’Environnement, le projet devrait permettre d’éviter environ 88 367 tonnes de CO₂ par an, en substituant une partie de l’électricité issue de sources fossiles par de l’électricité renouvelable.

Un premier projet éolien dans le cadre du mécanisme

L’initiative est présentée comme le cinquième projet mis en œuvre en Tunisie dans le cadre du mécanisme de crédits carbone japonais, mais surtout comme le premier projet éolien retenu à ce titre.

Le mécanisme japonais, connu sous l’appellation Joint Crediting Mechanism (JCM), repose sur une coopération entre le Japon et ses pays partenaires pour mettre en œuvre des technologies et des investissements permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les réductions obtenues sont ensuite mesurées, vérifiées et converties en crédits carbone, conformément aux dispositions de l’article 6 de l’Accord de Paris.

Pour le Japon, l’objectif est notamment de soutenir le déploiement de technologies bas carbone dans les pays partenaires tout en valorisant les réductions d’émissions obtenues grâce à ces projets. Le ministère japonais de l’Environnement indique que le JCM compte désormais 32 pays partenaires et plus de 300 projets en cours de mise en œuvre.

La Tunisie multiplie les projets renouvelables

Le projet d’El Fahs vient s’ajouter à plusieurs initiatives déjà retenues dans le cadre de ce partenariat.

Deux centrales photovoltaïques de 50 MW chacune, à Tozeur et à Sidi Bouzid, ont été mises en service en avril 2026. Un autre projet solaire de 100 MW à Sidi Bouzid est actuellement en développement.

La Tunisie avait également vu son projet photovoltaïque de 130 MW à Gabès sélectionné en février 2026. Celui-ci doit, à l’instar du projet d’El Fahs, permettre de substituer une partie de l’électricité produite à partir de sources fossiles par de l’électricité renouvelable destinée au réseau national. Le projet de Gabès devrait permettre d’éviter environ 82 656 tonnes de CO₂ par an, selon les données japonaises.

Au-delà des émissions, l’enjeu de la sécurité énergétique

Pour la Tunisie, l’intérêt de ces projets ne se limite pas à leur contribution à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. L’augmentation de la production locale d’électricité à partir de sources renouvelables constitue également un enjeu de transition énergétique et de sécurité de l’approvisionnement.

Le développement de nouvelles capacités éoliennes et photovoltaïques doit ainsi contribuer progressivement à réduire la dépendance du système électrique aux sources fossiles et à accroître la part des énergies renouvelables dans le mix électrique national.

Ces projets ont également un effet sur l’emploi local, même si celui-ci demeure encore limité, notamment durant les phases de construction, puis à travers les activités d’exploitation et de maintenance.

Avec El Fahs, la coopération tuniso-japonaise franchit donc une nouvelle étape : après plusieurs projets photovoltaïques, l’éolien fait désormais son entrée dans le portefeuille tunisien du mécanisme japonais de crédits carbone, renforçant ainsi la place des énergies renouvelables dans les projets de coopération climatique entre les deux pays.

M.B

Auteur

M. B

You cannot copy content of this page