Forum mondial de la mer bientôt à Bizerte « Agir pour une Méditerranée sans plastique »
C’est en 2018 que l’idée d’un Forum mondial de la mer, tenu annuellement à Bizerte, est née, à l’initiative de la Saison bleue, ONG à vocation écologique, afin d’aider la Tunisie à mieux maîtriser ses côtes et renforcer sa présence dans ce domaine au niveau régional et international.
Et depuis, on a toujours besoin de mettre sous les projecteurs notre écosystème marin, en vue de le préserver, dans un espace méditerranéen de plus en plus pollué et menacé d’éventuels risques d’ordre humain et climatique.
La Presse — Cette année, ce Forum de Bizerte est à sa 9e édition, prévue les 24 et 25 de ce mois, placé, cette fois-ci, sous le thème «Agir pour une Méditerranée sans plastique». Soit une question problématique qui aura à donner du grain à moudre, réunissant décideurs publics, représentants d’organisations internationales, chercheurs, entrepreneurs, ainsi que des acteurs de la société civile, autour des grands enjeux liés à la protection de la grande bleue. Il se veut, alors, un rendez-vous euroméditerranéen où débats, panels, workshops et recommandations puisent dans la même optique de faire de la Méditerranée un havre de propreté et de sécurité.
Les municipalités tout d’abord !
Un tel objectif n’est plus un choix unilatéral, soumis à la seule décision de l’un des pays voisins, mais bel et bien une responsabilité partagée qui devrait aussi mobiliser une coopération régionale mutuellement bénéfique. Commençons, tout d’abord, par engager sur la même ligne les communes des deux rives, en leur fournissant les moyens nécessaires à la dépollution. Cela dit, penser global et agir local.
Dans cet ordre d’idées, les participants au forum vont se pencher sur un plan d’action visant à créer une coalition des villes méditerranéennes. Et partant, les représentants des municipalités et collectivités tunisiennes auront, eux aussi, leur mot à dire, car la propreté est une œuvre communale par excellence.
D’ailleurs, lors de la première journée, la parole sera donnée aux municipalités, dans une session interactive intitulée «Quels indicateurs pour votre littoral?». A cette occasion, Rym Benzina, présidente de la Saison bleue, et Fayçal Mechri, technicien en chef à la commune de Kerkennah et porte-parole des villes de Mahdia, Monastir, Bizerte, Djerba et le Grand Tunis, interviendront sur la question, aux côtés d’autres intervenants étrangers.
Tout partenariat aux intérêts communs serait fructueux. Ainsi, sous nos cieux, une volonté commence, du moins, à se concrétiser. Et la Tunisie vient de lancer son projet national «Zéro déchets» comme moyen de lutte contre la pollution. C’est déjà un pas en avant, inscrit dans le droit fil d’une stratégie nationale de transition écologique 2035-2050.
La Méditerranée croule sous les déchets !
Toutefois, cela devrait aussi s’appliquer à une large échelle, à l’aune des impacts bien réels du changement climatique. La pollution plastique est en soi un danger qui menace gravement notre écosystème marin, dû, en grande partie, aux activités industrielles abusives, et dont les communautés mondiales paieront un lourd tribut.
Justement, la deuxième journée, focalisée sur le thème central «Agir pour une Méditerranée sans plastique», «constituera le temps fort du Forum, avec des panels, des échanges et des discussions autour de la lutte contre la pollution plastique et des solutions concrètes pour une Méditerranée sans plastique», décrit le communiqué de l’événement. De toutes les manières, sauver Mare Nostrum ne devrait pas être un slogan creux, tant qu’on est tous embarqués dans le même bateau. Et là, la Saison bleue persiste et signe, mettant en avant «un agenda réaliste de déplastification du bassin méditerranéen».
Selon le communiqué, «les négociations internationales, entamées lors de sept réunions successives par les États membres des Nations unies depuis 2022, sur un traité visant à mettre fin à la pollution plastique, sont toujours aussi infructueuses qu’incertaines..». D’où cette 9e édition du forum qui aurait une nouvelle opportunité de renégocier le contenu dudit traité, alertant encore sur une situation maritime pour le moins dramatique.
«Représentant à peine 1% de la surface de l’Océan global, la Méditerranée concentre 7% des micro-plastiques mondiaux. A cela s’ajoutent un réchauffement particulièrement soutenu de ses eaux et 230 mille tonnes de plastique, transformant chaque année cet espace de vie en un piège mortel pour 17.000 espèces endémiques», lit-on dans le même communiqué.



