Les prix de l’or connaissent une hausse notable en Tunisie, sous l’effet notamment de l’évolution des cours mondiaux, de la forte demande de pays comme la Chine et l’Inde, des tensions géopolitiques et des politiques de la Réserve fédérale américaine, a indiqué lundi 14 septembre 2026 le président de la Chambre nationale des commerçants de bijoux, Hatem Ben Youssef.
Intervenant sur Express Fm, Ben Youssef a expliqué que plusieurs facteurs déterminent actuellement l’évolution du marché mondial de l’or. Il a notamment cité les politiques de la Réserve fédérale américaine, les tensions autour du dollar et la volonté de plusieurs pays de réduire leur dépendance à la monnaie américaine dans leurs transactions.
La hausse des prix du pétrole et l’importante demande d’or émanant de la Chine et de l’Inde constituent également, selon lui, des facteurs supplémentaires qui contribuent à soutenir les cours internationaux du métal précieux.
Une répercussion progressive sur le marché tunisien
Le responsable a toutefois précisé que les fluctuations des cours mondiaux ne se répercutent pas nécessairement de manière immédiate et intégrale sur le marché tunisien, notamment lorsque les variations restent limitées.
Dans ce cas, les commerçants peuvent notamment écouler une partie de leurs anciens stocks à des prix inférieurs, ce qui permet d’atténuer temporairement l’impact de la hausse des cours internationaux sur les consommateurs.
En revanche, lorsque les variations deviennent importantes, notamment lorsqu’elles atteignent 20 à 30 dollars l’once, leur impact sur le prix du gramme d’or en Tunisie devient beaucoup plus perceptible.
Hatem Ben Youssef a ainsi relevé une hausse importante des prix de l’or sur le marché tunisien par rapport aux années précédentes. Le prix final d’un bijou ne dépend toutefois pas uniquement du cours du métal précieux, puisqu’il comprend également les coûts de fabrication et de main-d’œuvre ainsi que la marge bénéficiaire du commerçant.
Le prix du gramme d’or 18 carats, hors coût de fabrication, peut ainsi atteindre des niveaux élevés, tandis que celui d’une pièce fabriquée en or augmente davantage après l’ajout des frais de fabrication, de la main-d’œuvre et de la marge du commerçant.
Des prix relativement similaires selon les régions
Concernant les différences de prix entre les marchés tunisiens, Ben Youssef a assuré qu’elles restent limitées d’une région à l’autre. Les commerçants sont, en effet, tous influencés par l’évolution des cours internationaux et par le prix de référence de l’or.
S’agissant de la vente de bijoux en or par les particuliers, il a expliqué que les commerçants ne rachètent pas nécessairement toutes les pièces dans les mêmes conditions. Certaines peuvent être remises en vitrine et revendues directement, tandis que d’autres doivent être fondues avant d’être réutilisées.
Cette différence explique notamment l’écart entre le prix auquel le commerçant rachète l’or au citoyen et celui auquel il le revend. Le prix de rachat est généralement inférieur, le professionnel devant prendre en considération les coûts liés à la refabrication, à la main-d’œuvre et aux autres dépenses.
Le prix du “kas” en forte progression
Hatem Ben Youssef a également évoqué l’évolution spectaculaire des prix de l’or au cours des dernières années. Il a notamment indiqué que le prix du “kas”, une unité de mesure couramment utilisée dans le commerce de l’or en Tunisie, est passé d’environ 200 dinars en 2024 à 350-370 dinars, atteignant même près de 400 dinars durant certaines périodes. Il a qualifié cette progression de “importante et sans précédent”.
Face à ces fluctuations, le président de la Chambre nationale des commerçants de bijoux a conseillé aux personnes souhaitant acheter ou vendre de l’or de suivre quotidiennement l’évolution des cours, compte tenu de la volatilité du marché et de sa forte dépendance aux facteurs internationaux.
Il a enfin rappelé que l’or demeure, selon lui, une valeur refuge, appelant les détenteurs de bijoux en or à ne pas les vendre uniquement dans le but de disposer de liquidités, sauf en cas de besoin réel de financement.
R.I



