Economie

Intelligence artificielle : La recherche tunisienne face au défi de la Méditerranée

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  • 19 septembre 2026
  • 5 min de lecture
Intelligence artificielle : La recherche tunisienne face au défi de la Méditerranée

La Tunisie figure parmi les cinq pays concernés par le Prix de recherche « Forum MED IA 2026 », qui met à l’honneur des projets de recherche appliquée en intelligence artificielle. Chercheurs, doctorants, laboratoires, universités et jeunes entreprises tunisiennes peuvent ainsi soumettre leurs travaux dans les domaines de l’innovation sociale ou économique.

La Presse — La recherche tunisienne en intelligence artificielle dispose d’une nouvelle opportunité de visibilité à l’échelle méditerranéenne. Le Prix de recherche « Forum MED IA 2026 », organisé dans le cadre de la troisième édition du Forum méditerranéen de l’intelligence artificielle, ouvre, en effet, son appel aux chercheurs, enseignants-chercheurs, doctorants, laboratoires, universités ainsi qu’aux jeunes entreprises innovantes issues de la recherche établis en Tunisie. L’initiative concerne également l’Algérie, l’Égypte, le Liban et le Maroc.

Prévu le 5 novembre 2026 au Palais du Pharo à Marseille, le Forum entend mettre en lumière des projets de recherche mobilisant l’IA pour répondre à des problématiques sociales, environnementales et économiques propres à la région méditerranéenne. Le prix s’inscrit dans le cadre de « Sila », l’Initiative France-Méditerranée pour l’intelligence artificielle, financée par le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères et mise en œuvre par « Expertise France  ». Il est porté conjointement par « Expertise France », l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et « Anima Investment Network ».

Une ouverture pour les acteurs tunisiens

Pour la Tunisie, cette initiative constitue un espace de valorisation des travaux développés dans le domaine de l’intelligence artificielle. L’éligibilité repose notamment sur l’ancrage géographique du candidat ou de sa structure d’affiliation dans l’un des cinq pays concernés. Le projet doit également reposer sur une application concrète de l’IA, développée ou en cours de développement, et non sur le simple recours à des outils existants. Aucun niveau de maturité technologique particulier n’est exigé.

Les profils concernés couvrent un large éventail de la recherche tunisienne : chercheurs et enseignants-chercheurs, doctorants et post-doctorants, équipes et laboratoires de recherche, universités et établissements d’enseignement supérieur, mais également jeunes entreprises innovantes et spin-offs issues de la recherche.

Cette ouverture concerne deux catégories. Le Prix « Innovation sociale » distingue les projets utilisant l’IA pour répondre à des enjeux d’intérêt général et générer un impact social ou environnemental. Les domaines cités comprennent notamment la santé, l’éducation, l’environnement, l’eau, l’agriculture, la mer et le littoral, le développement durable et l’inclusion.

Le Prix « Innovation économique » s’intéresse, pour sa part, aux projets susceptibles de contribuer à la valorisation de la recherche, au transfert technologique, à l’industrialisation, à la création d’activités ou de valeur. Les secteurs agricole et agroalimentaire ainsi que les activités maritimes et l’économie bleue figurent également parmi les champs concernés.

Deux prix de 5.000 euros

Deux lauréats seront désignés, un dans chacune des catégories, avec une dotation de 5.000 euros chacun. Cette enveloppe pourra notamment financer des achats, des prestations, de la sous-traitance ou du temps de calcul, à l’exclusion des frais de personnel. La sélection sera effectuée par un jury réunissant des représentants d’Expertise France, de l’IRD et d’« Anima Investment Network » ainsi que des personnalités issues des communautés de la recherche, de l’innovation et de l’investissement.

La qualité scientifique et le caractère innovant du projet figurent parmi les critères d’évaluation. Le jury examinera également sa pertinence au regard des enjeux méditerranéens et des Objectifs de développement durable, ainsi que les questions liées à la frugalité, à la souveraineté et à l’éthique. L’équipe et la faisabilité du projet seront également prises en compte. Les candidatures portées ou codirigées par des femmes sont, par ailleurs, particulièrement encouragées.

Une sélection sur dossier

Une seule candidature est déposée, sans que le candidat ait à choisir au préalable entre les deux catégories. C’est le jury qui détermine, au stade de l’évaluation, la catégorie dans laquelle chaque projet sera examiné. Six candidatures seront retenues pour participer à la finale.

Les dossiers doivent être déposés avant le 21 septembre 2026. La sélection des six finalistes doit intervenir à la fin du mois de septembre. Ceux-ci bénéficieront ensuite, en octobre, d’un atelier de préparation destiné notamment à structurer leur présentation, préciser leur proposition de valeur et adapter leur discours à un public composé de chercheurs, entrepreneurs, investisseurs et décideurs publics.

La finale se tiendra le 5 novembre à Marseille. Les candidats présenteront alors leurs projets devant un jury d’experts et un public international. Au-delà de la compétition, les finalistes et les lauréats pourront intégrer la dynamique collaborative du réseau méditerranéen de l’IA et être mis en relation avec des laboratoires, entreprises et investisseurs présents au Forum.

Avec cinq pays concernés, dont la Tunisie, le Prix de recherche « Forum MED IA » entend ainsi rapprocher recherche, innovation et investissement autour d’applications concrètes de l’intelligence artificielle. Pour les acteurs tunisiens de la recherche et de l’innovation, l’appel constitue surtout une possibilité de présenter leurs travaux dans un cadre régional consacré aux usages de l’IA et aux défis spécifiques de la Méditerranée.

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Auteur

Saoussen BOULEKBACHE

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