Sidi Bou Saïd inscrit au patrimoine mondial : Une reconnaissance et de nouveaux dossiers en préparation
L’inscription de Sidi Bou Saïd sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco est désormais officiellement actée avec la remise à la Tunisie du certificat consacrant cette reconnaissance. Une étape qui vient couronner deux années de travail scientifique et ouvre, pour le ministère des Affaires culturelles, la voie à de nouveaux dossiers de classement et de sauvegarde du patrimoine tunisien.
La Presse —La Tunisie a officiellement reçu, vendredi 25 septembre, le certificat attestant l’inscription du village de Sidi Bou Saïd sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Une reconnaissance internationale qui vient consacrer la valeur patrimoniale du site et l’aboutissement de deux années de travail scientifique consacré à la constitution de son dossier.
La remise du certificat a donné lieu à une réception organisée au Centre des musiques arabes et méditerranéennes «Ennejma Ezzahra», sous la supervision de la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi. La cérémonie s’est déroulée en présence notamment du gouverneur de Tunis, Imed Boukhris, du secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ben Ayed, ainsi que de représentants de missions diplomatiques, d’organisations internationales et régionales, d’experts, de chercheurs, d’ingénieurs et de médias nationaux et internationaux.
Dans son intervention, la ministre des Affaires culturelles a présenté cette inscription comme une reconnaissance internationale de la valeur universelle exceptionnelle de Sidi Bou Saïd. Elle a également rappelé qu’elle est le résultat d’un travail engagé sur plusieurs années par les ministères concernés, l’Institut national du patrimoine et les différentes structures intervenant dans la préparation du dossier.

Pour Amina Srarfi, cette inscription constitue une étape dans une démarche plus large de valorisation et de sauvegarde du patrimoine tunisien. Le ministère entend ainsi poursuivre la préparation d’autres dossiers destinés aux instances de l’Unesco.
Plusieurs candidatures relatives au patrimoine culturel immatériel sont notamment annoncées pour la prochaine session du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, prévue en décembre 2026. Elles concernent notamment le oud, les objets en feuilles de palmier et les fibres végétales. D’autres dossiers portent sur le complexe hydraulique romain Zaghouan-Carthage et la ville de Sfax, dont la préparation est en cours. La jebba tunisienne et la tenue de la mariée de Mahdia figurent également parmi les dossiers en cours d’élaboration.
Deux années de travail scientifique
Le directeur général de l’Institut national du patrimoine, Tarek Bekouch, a, pour sa part, insisté sur le travail collectif ayant permis de constituer le dossier de Sidi Bou Saïd. Celui-ci a mobilisé, pendant deux ans, une équipe composée notamment d’architectes, d’historiens, de chercheurs et de spécialistes de la documentation.
L’objectif était de consolider les connaissances disponibles sur le site, de les mettre en cohérence et de documenter les différentes valeurs patrimoniales permettant de justifier son importance à l’échelle internationale.
Au-delà de la reconnaissance symbolique, l’inscription de Sidi Bou Saïd constitue ainsi l’aboutissement d’un processus de documentation, d’étude et de mise en valeur du site. Elle inscrit également le village dans le cadre des mécanismes internationaux de protection du patrimoine mondial. La cérémonie s’est achevée par l’hommage rendu aux membres de l’équipe scientifique ayant contribué à l’élaboration du dossier, en reconnaissance de leur travail durant les deux années consacrées à cette candidature.



