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Projet RFR : Quand le Bardo prend l’eau à chaque fois qu’il pleut

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  • 6 octobre 2026
  • 3 min de lecture
Projet RFR  : Quand le Bardo prend l’eau à chaque fois qu’il pleut

Initié en 2010, le chantier de la ligne RFR au Bardo avance à un rythme particulièrement lent. Dès son lancement, le projet a suscité des critiques en raison de ses répercussions négatives sur l’ensemble de la zone, à rebours des objectifs visés, à savoir  dynamiser le transport urbain, répondre aux besoins des usagers et fluidifier la circulation dans une agglomération où le  trafic routier est dense. Ingénieurs, techniciens et acteurs de la société civile n’ont cessé de dénoncer un emplacement jugé totalement inadapté aux spécificités topographiques, structurelles et urbanistiques de la zone, pointant notamment l’absence d’études d’impact préalables.

Les fortes intempéries du mois dernier ont brutalement braqué les projecteurs sur les failles de l’infrastructure. Il y a plus de trois semaines, des pluies abondantes se sont abattues sur la ville, provoquant la submersion totale du tunnel de la station Raoudha érigé en contrebas des voies du RFR. L’’ouvrage a été envahi par des eaux atteignant jusqu’à deux mètres de hauteur, entraînant une paralysie totale du trafic ferroviaire et routier.

Lors d’une intervention récente sur les ondes d’une radio, Dhafer Sghiri, député d’El Hrairia relevant de la circonscription du Bardo, a fustigé l’absence d’études d’impact en amont. Il a rappelé qu’il y a plus de dix ans, l’ancien conseil municipal s’était déjà opposé au tracé initial. Selon le parlementaire, la configuration actuelle du projet fracture la ville en deux tout en aggravant le problème d’évacuation des eaux pluviales. Le Bardo présente en effet une topographie naturelle en cuvette où les eaux s’accumulent rapidement, faute d’infrastructures d’évacuation adéquates. Prévu à l’origine pour fluidifier les déplacements de milliers de conducteurs, le RFR risque au contraire de provoquer des embouteillages monstres à chaque épisode de fortes pluies, en raison de tunnels systématiquement inondés.

Face à cette situation, les élus locaux et les experts ne demandent pas l’arrêt du chantier, mais sa révision structurelle. « Nous ne sommes pas opposés à ce projet national, mais nous avons proposé qu’il soit aménagé différemment en s’appuyant sur de véritables études d’impact », a souligné Dhafer Sghiri. Parmi les solutions proposées à l’époque figurait notamment la construction d’un viaduc, une option qui aurait permis d’éviter que la ville du Bardo ne soit coupée en deux tout en évitant la perturbation du trafic routier.

Entre la nécessité de répondre aux défis du transport urbain dans une zone où le trafic est dense et son inadaptation aux spécificités de la zone où son implantation a été programmée, le projet du RFR du  Bardo illustre, à lui seul,  l’importance des études d’impact afin que les objectifs ciblés ne se transforment pas sur le terrain en failles techniques transformant la vie des habitants et des conducteurs en cauchemar à chaque fois qu’il pleut.

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Auteur

Imen Haouari

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