Du 24 au 27 octobre 2026, Djerba vibrera au rythme de quatre jours de cinéma, de dialogue, de formations et d’hommages. Cette 12e édition, entre ancrage local et ouverture à l’international, est placée sous la direction d’honneur de l’acteur tunisien Mohamed Ali Ben Jemaâ.
La Presse — Avant de s’affirmer sous sa nouvelle identité, l’actuel Festival international du cinéma de la femme et des jeunes de Djerba était consacré, à l’origine, au documentaire et au court métrage. Son prédécesseur, le Festival international du film documentaire et du court métrage de Médenine, a été lancé en 2014. Au fil des éditions, le rendez-vous a progressivement élargi son ouverture sur d’autres genres, incluant les longs métrages, les films de fiction, le cinéma destiné aux enfants… L’année 2024 marque un tournant avec la 10e édition organisée à Djerba à l’occasion des dix ans du festival et placée sous le signe de « Cinéma et tolérance ». Le déplacement à Djerba s’est confirmé officiellement l’année dernière avec la 11e édition, toujours organisée sous l’appellation de Festival international du cinéma de Médenine. Les organisateurs souhaitaient par ce changement de lieu avoir de meilleures infrastructures et des conditions logistiques qui permettront à cet évènement de prendre plus d’ampleur. En effet, les activités de formation et les ateliers se sont multipliés et diversifiés.
Cette année, le festival franchit une nouvelle étape en adoptant l’appellation de Festival international du cinéma de la femme et des jeunes de Djerba, ce qui définit désormais les axes fondamentaux de sa vision et de sa programmation.
D’ailleurs, le site officiel souligne que « ce n’est pas seulement un festival. C’est un mouvement où les femmes prennent les devants, où la jeunesse s’élève et où les histoires se transforment. »
Le site indique également que cet évènement mise sur « le cinéma comme moyen de dynamiser la vie culturelle de l’île de Djerba et de la faire connaître comme destination culturelle et cinématographique, en s’appuyant sur sa richesse civilisationnelle, historique et touristique, ainsi que sur sa capacité à accueillir des rencontres associant l’art, le territoire et les cultures ».
Une édition qui promet
Cinéastes, artistes, critiques et professionnels des médias de Tunisie et d’ailleurs seront réunis pour « célébrer les voix qui façonnent le présent et redéfinissent l’avenir de la narration ».
Au programme, des projections, des compétitions, des ateliers, des conférences et des hommages, tout en soutenant les talents et les nouvelles expériences cinématographiques.
68 films seront présentés dans les différentes sections du festival, permettant ainsi au public de découvrir des expériences cinématographiques diverses par leur approche, leur style et leurs thématiques. Cette édition se démarque par une présence internationale renforcée. En plus de l’Inde, invitée d’honneur du festival, il y aura également l’Égypte, la Palestine, l’Algérie, le Maroc, l’Irak, la Syrie, l’Iran, le Sultanat d’Oman, l’Arabie saoudite, Bahreïn, le Yémen, le Liban, le Canada, la France, le Pakistan, le Soudan, la Libye, la Jordanie, l’Autriche, l’Argentine, l’Uruguay, la Turquie, le Venezuela, la Croatie, les États-Unis d’Amérique, le Qatar, la Tchéquie, l’Italie, les Émirats arabes unis, la Suisse, l’Indonésie, la Corée du Sud, les Pays-Bas, le Danemark et l’Arménie.
La compétition officielle s’articule autour de quatre catégories : les films documentaires, les films de fiction, les films d’écoles de cinéma ainsi que les films destinés au jeune public.
Lamia Belkaïd Guiga, professeure de cinéma tunisienne, présidera le jury des films de fiction, aux côtés du réalisateur saoudien Omar Al-Jasser et du scénariste égyptien Abdel Rahim Kamal.
Le jury des films documentaires sera présidé par la critique de cinéma Pascale Fakhri, d’Allemagne, et réunira l’acteur et réalisateur algérien Issam Taachit ainsi que la journaliste palestinienne Fidaa Nasr.
Le jury de la compétition des films d’écoles sera présidé par le réalisateur syrien Mohannad Kalthoum, aux côtés de la journaliste égyptienne Doaa Fouda.
Les œuvres seront en lice pour la Phalère d’or dans la catégorie des films documentaires et le Phare d’or pour les films de fiction, ainsi que les prix du jury, les mentions spéciales, les prix de la réalisation, du montage et de l’interprétation, en plus du Prix de l’Union générale des artistes arabes du meilleur film de fiction arabe. D’autres films seront projetés hors compétition.
En plus des films à découvrir, différents espaces accueilleront des rencontres et des échanges entre professionnels, tout en s’adressant aussi aux étudiants, aux enfants et tous les passionnés du septième art.
Le scénariste égyptien Abdel Rahim Kamal animera une masterclass sur l’écriture scénaristique au complexe de jeunesse de Midoun. Un atelier consacré au cinéma de marionnettes sera encadré par le réalisateur tunisien Imed Oueslati, à la bibliothèque publique de Houmt Souk.Il y aura aussi un atelier intitulé « L’excellence dans l’écriture et la réalisation cinématographiques », animé par le critique de cinéma tunisien Kamel Ben Ouanes.
Le programme prévoit également un atelier destiné aux enfants et aux adolescents, intitulé « Racontons notre histoire : du réel au film documentaire », animé par le réalisateur tunisien Anis Lassoued et organisé sur deux jours.
Une table ronde sera axée sur « La stratégie de structuration et de développement des festivals de cinéma ».
Une conférence portera sur « Le rôle de la femme dans la fabrication de l’image cinématographique ».Cette thématique rejoint pleinement l’esprit du festival qui aspire à renforcer la présence des femmes dans les différents métiers du cinéma, devant et derrière la caméra.
Des figures importantes du cinéma arabe et tunisien seront à l’honneur lors de cette édition. Un hommage sera rendu à Dalia Mostafa, d’Égypte, Omar Al-Jasser, d’Arabie saoudite, ainsi qu’aux artistes tunisiens Jamel Madani, Dorra Zarrouk, Afef Ben Mahmoud et Salwa Mohamed.
À travers cette nouvelle édition, le Festival international du cinéma de la femme et des jeunes de Djerba entend ainsi faire de l’île un lieu incontournable du cinéma, de la création et de la transmission. Un rendez-vous à découvrir pour celles et ceux qui souhaitent vivre le cinéma autrement, au cœur de Djerba.



