Particulièrement prisé durant le mois de Ramadan, le dessert qu’est la Mhalbia est apprécié pour sa légèreté et sa fraîcheur. Bien que très courant en Tunisie, ce dessert à base de riz et de lait, est vieux de plusieurs siècles et est le fruit d’un véritable métissage culturel. La texture crémeuse de la préparation et la couleur blanche immaculée, symbole de pureté, en font un dessert de choix pour les célébrations religieuses et les repas les plus appréciés par les musulmans durant Ramadan où il s’agit d’un must de rupture du jeûne en Orient.
Histoire et Origines
La Mhalbia puise ses racines dans la cuisine arabe médiévale, mais dériverait à l’origine de chez les Perses où cet entremet a connu sa première création avant de franchir les frontières pour se diffuser dans tout le monde arabe et dans l’Empire Ottoman. Sa présence en Tunisie reflète une mosaïque culturelle où notre pays a toujours été ouvert aux échanges culturels méditerranéens, intégrant les influences berbères, arabes et andalouses qui ont toutes laissé une empreinte dans la gastronomie locale.
Initialement préparée chez les Perses et multiples pays arabes à base de riz moulu et de lait, la version tunisienne, comme à son accoutumé n’a pas manqué d’y ajouter son grain de sel. La recette a d’abord été enrichie d’eau de fleur d’oranger ou de géranium, parfums typiques des pays du Maghreb, mais elle a aussi connu d’autres ajouts, notamment, la décoration de fruits secs, habitude typique des mets tunisiens d’antan.
Adoptée par nos aïeuls depuis belle lurette, la Mhalbia est considérée comme un savoir-faire transmis de génération en génération où chaque famille a hérité de ses propres secrets de préparations et ses préférences en décoration : dattes, amandes, pistaches, etc. La Mhalbia est d’ailleurs l’un des desserts les plus préparés durant le mois de Ramadan. Les Tunisiens en consomment à volonté durant le repas du S’hour. Et ce, parce que l’association du riz et du lait permettent aux jeûneurs d’avoir bien moins faim et soif diurne.
Légendes
Dans les vieilles légendes partagées à l’échelle arabe, la Mhalbia est souvent associée à des traditions populaires. La légende la plus répandue associe ce plat porterait au nom de Al Mouhallab ibn Abi Soufra, un général arabe du VIIe siècle. On raconte qu’un cuisinier aurait créé ce dessert spécialement pour lui afin qu’il puisse reprendre des forces sans alourdir son estomac. Du coup, on a baptisé ce plat Mhalbia en s’inspirant de son prénom.
Cependant, une seconde légende allie ce dessert au bon-savoir culinaire des Perses. Et une fois adopté par les pays arabes, on l’aurait nommé Mhalbia en s’inspirant du nom du lait en arabe « halib (sic) », ingrédient principal de cette recette.