
La production de fraises dans le gouvernorat de Nabeul accuse un net recul au cours de la saison 2025-2026, sous l’effet conjugué de conditions climatiques défavorables, de la réduction des superficies cultivées et de la hausse des coûts de production.
Selon Imed El Bay, président de l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche de Nabeul, la récolte devrait atteindre environ 12 000 tonnes, contre 16 000 tonnes lors de la saison précédente. Cette baisse s’explique notamment par la diminution des surfaces consacrées à cette culture, passées de plus de 420 hectares à près de 350 hectares, ainsi que par les dégâts causés par les inondations, qui ont affecté environ 50 hectares.
Intervenant mercredi sur les ondes d’Express, le responsable a également pointé du doigt l’impact des fortes pluies et des changements climatiques sur la filière, tout en soulignant une augmentation significative des coûts de production, estimés entre 90 000 et 120 000 dinars par hectare. Une situation qui pèse lourdement sur les agriculteurs et limite leur capacité à maintenir, voire à étendre, les surfaces cultivées.
Face à cette baisse de production, le marché local peine à répondre à la demande. Cette tension a entraîné le recours à des importations de fraises en provenance d’Égypte et d’Algérie, par des circuits à la fois formels et informels. Dans ce contexte, la hausse des prix observée ces dernières semaines s’explique principalement par le déséquilibre entre l’offre et la demande.
Parallèlement, une nouvelle dynamique semble émerger au sein de la filière. Plusieurs producteurs ont entamé un déplacement progressif vers d’autres délégations du gouvernorat, notamment Béni Khiar, Dar Chaabane, Béni Khalled et Bou Argoub. Cette réorientation vise à accéder à de meilleures ressources hydriques et à exploiter de nouvelles terres agricoles, dans l’espoir d’améliorer à la fois la productivité et la qualité des récoltes.
Ce mouvement pourrait, à terme, redessiner la carte de la production de fraises dans la région, historiquement considérée comme le principal bassin de cette culture en Tunisie.





