Trump souffle le chaud et le froid
Frappera, frappera pas ? La question est suspendue sur toutes les lèvres, elle hante les populations concernées, taraude l’esprit des milieux diplomatiques et menace de déstabiliser le Moyen-Orient. Les Etats-Unis vont-ils frapper l’Iran et livrer la région à un conflit aux effets dévastateurs; c’est l’intimidation agitée par Trump si un accord sur le nucléaire n’est pas trouvé avec Téhéran.
Il faut noter que les lignes rouges des deux parties sont (ou paraissent) incompatibles : du côté américain, c’est zéro enrichissement sur le nucléaire, la limitation du programme balistique, ce qui équivaut à un désarmement complet ; du côté iranien, il est hors de question d’accepter le renoncement à l’enrichissement et encore moins à la limitation de son arme balistique, qui constitue l’ultime arme de dissuasion face à une agression potentielle.
Comment les deux positions vont être rapprochées ou ajustées ? Nous le saurons dans les prochains jours.
Pour arracher un accord, Donald Trump sort le grand jeu et menace d’intervenir militairement. Il a déployé dans la région ses deux porte-avions massifs, les plus avancés technologiquement, l’Abraham-Lincoln et le Gerald-Ford (le plus grand au monde) et plus d’une dizaine de navires de guerre. Avec le déploiement de toute cette armada dans le golfe persique, le spectre de l‘invasion de l’Irak revient en mémoire.
Il s’agit de « la plus grande puissance aérienne » rassemblée au Moyen-Orient depuis l’invasion de l’Irak en 2003, rappelle le quotidien financier Wall Street Journal ; des dizaines de milliers de soldats sont également présents dans des bases militaires à travers la région.
Plus rien donc n’empêche de croire que le pire est à venir.
Au-delà des craintes, de la peur, certains y voient même un symptôme d’une guerre nucléaire. Le monde retient son souffle.
Est-ce à dire que l’option diplomatique est définitivement écartée ? Trump envisage l’idée de frappes limitées ; limitées ou non, l’Iran réplique que toute attaque contre son territoire serait considérée comme un «acte d’agression.
Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères iranien, déclare (diplomatiquement) que certaines dispositions voulues par les États-Unis seront bien satisfaites.
Il évoque un possible nouveau rendez-vous avec la délégation américaine demain 26 février pour discuter du programme nucléaire et, sait-on jamais, rapprocher les deux positions.
A notre avis, les frappes américaines sont inévitables. Trois raisons au moins nous autorisent à le penser : le déploiement des navires dans la région devrait au moins être justifié, Trump ne peut pas retirer son exceptionnelle armada sans aucune concession ; de son côté, l’Iran ne va pas « capituler », puisqu’il n’a rien reçu en échange, pas même des promesses de levée des sanctions et, enfin, la pression incessante de Netanyahu qui a une peur bleue à l’idée qu’un accord n’intervienne (quand bien même il serait minime).
Il incite donc avec insistance son parrain à attaquer en ne cédant sur rien.



