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Augmentations salariales : “jusqu’à 40 % absorbés par les prélèvements”, selon un expert

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  • 8 mai 2026
  • 3 min de lecture
Augmentations salariales : “jusqu’à 40 % absorbés par les prélèvements”, selon un expert

Les augmentations salariales récemment annoncées en Tunisie portent sur les salaires bruts et ne se traduisent pas nécessairement par une amélioration significative du revenu net des salariés, a alerté le conseiller fiscal Anis Ben Saïd.

Intervenant sur Express Fm, l’expert a expliqué que ces hausses sont directement soumises aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu, ce qui réduit sensiblement le gain réel perçu par les employés.

Selon lui, dans le secteur privé, les salariés supportent notamment un prélèvement d’environ 9,68 % au titre des cotisations sociales, auquel s’ajoute une imposition progressive selon les tranches de revenus. Ainsi, une augmentation brute de 5 % peut se traduire par une hausse nette limitée à environ 4 %, voire moins. Dans certains cas, les prélèvements peuvent atteindre jusqu’à 40 % de la valeur de la hausse.

Le fiscaliste a également pointé des disparités entre les secteurs public et privé, notamment en matière de fiscalité et de mécanismes de prélèvement. Il a évoqué des imprécisions possibles dans l’application du prélèvement à la source dans la fonction publique, susceptibles d’entraîner des régularisations lors de la déclaration annuelle.

Il a, dans ce contexte, insisté sur la nécessité pour l’ensemble des salariés d’effectuer leur déclaration annuelle de revenus, même en cas de prélèvement à la source, afin d’éviter des arriérés fiscaux. Il a rappelé que le contrôle fiscal peut s’étendre jusqu’à dix ans en cas de non-déclaration.

Sur le plan économique, Anis Ben Saïd estime que ces augmentations, dans un contexte d’inflation élevée et de croissance limitée, auront un impact réduit sur le pouvoir d’achat. Selon lui, sans amélioration de la production, la hausse des salaires pourrait stimuler la consommation et exercer une pression supplémentaire sur les prix, notamment dans une économie fortement dépendante des importations.

Il a également averti que ces revalorisations salariales pourraient alourdir les charges des entreprises privées, avec des répercussions potentielles sur l’emploi et l’investissement.

Sur un autre plan, le conseiller fiscal a mis en lumière les écarts existants en matière de retraites entre les secteurs public et privé, soulignant que les pensions peuvent atteindre jusqu’à 90 % du dernier salaire dans le public, contre environ 80 % dans le privé, souvent plafonnées.

Il a également critiqué le maintien de l’imposition sur les pensions de retraite malgré la baisse des revenus, tout en relevant que certains retraités étrangers bénéficient d’avantages fiscaux importants, notamment une réduction pouvant atteindre 80 % lors du transfert de leurs pensions en devises.

Anis Ben Saïd a aussi appelé à une réforme globale et profonde du système fiscal tunisien, visant à renforcer l’équité entre les contribuables, à simplifier les procédures, à améliorer le recouvrement et à mieux aligner les augmentations salariales sur la croissance économique réelle, afin d’en garantir un impact durable sur le pouvoir d’achat et l’économie nationale.

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Auteur

La Presse

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