L’ambassadeur de Chine en Tunisie, S.E.M. Wan Li, à La Presse : « Nous voulons faire du commerce un moteur du partenariat sino-tunisien »
crédit photo : © La Presse de Tunisie
Dans un contexte mondial marqué par les tensions économiques et les recompositions des chaînes d’approvisionnement, la Chine accélère son repositionnement stratégique en Afrique. Depuis le 1er mai 2026, Beijing applique une politique de zéro droit de douane en faveur de 53 pays africains entretenant des relations diplomatiques avec elle, une mesure présentée comme un levier majeur pour faciliter l’accès des produits africains au marché chinois.
Dans cet entretien, l’ambassadeur de Chine en Tunisie, S.E.M. Wan Li, revient également sur le caractère temporaire de cette mesure pour certains pays, dont la Tunisie, ainsi que sur les négociations en cours pour la mise en place d’un accord économique global. Il détaille par ailleurs l’état d’avancement des grands projets de coopération bilatérale, les perspectives d’investissement chinois en Tunisie et la montée en puissance des partenariats dans les secteurs des infrastructures, de la santé, des technologies et de l’industrie.
Enfin, il esquisse la vision à l’horizon 2030 d’un partenariat sino-tunisien renforcé, structuré et davantage orienté vers la création de valeur partagée.
La Chine applique depuis le 1er mai 2026 une politique de zéro droit de douane pour les pays africains ayant des relations diplomatiques avec elle. Au-delà de cette mesure tarifaire, quelles sont les initiatives concrètes prises par Beijing pour faciliter l’accès des produits africains au marché chinois ?
La Chine a effectivement mis en œuvre, depuis le 1er mai 2026, une politique de zéro droit de douane en faveur de 53 pays africains entretenant des relations diplomatiques avec elle. Cette initiative intervient dans un contexte international difficile, marqué par les conséquences des crises géopolitiques et des perturbations du commerce mondial, qui affectent particulièrement les économies africaines.
Au-delà des mesures tarifaires, la Chine a également pris plusieurs initiatives concrètes pour faciliter l’accès des produits africains au marché chinois. Nous avons notamment amélioré le “corridor vert” et lancé une version 2.0 de ce mécanisme afin d’accélérer les procédures d’accès des produits agricoles et alimentaires africains.
Conformément aux règlements chinois, aux normes internationales et aux règles de l’Organisation mondiale du commerce, l’Administration générale des douanes de Chine a optimisé les procédures d’inspection, de quarantaine et d’accès au marché chinois pour les produits africains.
Pour les produits considérés comme présentant un faible risque sanitaire ou phytosanitaire, une admission unifiée à l’échelle régionale africaine est désormais appliquée. Cela signifie qu’il n’est plus nécessaire que chaque pays africain signe individuellement des protocoles spécifiques avec la Chine.
Pour les produits à risque moyen ou élevé, plusieurs mécanismes de facilitation ont également été introduits, notamment la priorité accordée aux demandes africaines, les évaluations combinées pour des produits similaires, le recours accru aux évaluations à distance, les examens groupés pour plusieurs pays africains ainsi qu’un système d’enregistrement basé sur des listes harmonisées.
Dès réception des documents techniques fournis par les pays africains, les autorités chinoises lancent immédiatement les analyses de risques afin d’accélérer les procédures d’accès au marché chinois.
Cette mesure de zéro droit de douane est annoncée comme temporaire pour certains pays africains, dont la Tunisie. Que prévoit la Chine pour la suite de cette coopération commerciale ?
Les pays africains les moins avancés bénéficiaient déjà auparavant d’un traitement préférentiel similaire. Toutefois, conformément aux règles de l’Organisation mondiale du commerce, la Chine ne pouvait pas automatiquement étendre ce régime aux autres pays africains en développement, dont la Tunisie.
C’est pourquoi la Chine conclura un accord de partenariat économique pour le développement destinée à vingt pays africains concernés par cette situation. Dans l’attente de la conclusion de cet accord global, la Chine a décidé d’appliquer de manière unilatérale une mesure temporaire de zéro droit de douane valable pendant deux ans.
Durant cette période, la Chine ne demande aucune réciprocité de la part des pays africains. Autrement dit, les pays partenaires ne sont pas tenus de réduire les droits de douane appliqués aux produits chinois. Notre objectif est de négocier dans les meilleurs délais un accord global couvrant plusieurs volets, notamment la facilitation du commerce, les procédures administratives et les mécanismes de coopération économique.
Même dans le cadre de ce futur accord, la Chine ne demandera pas une réciprocité totale. À titre d’exemple, la quasi-totalité des produits tunisiens exportés vers la Chine pourraient bénéficier du régime préférentiel, alors que seuls quelques produits chinois feraient éventuellement l’objet d’une réduction tarifaire côté tunisien, après négociation entre les deux parties.
La Tunisie conservera naturellement le droit d’exclure certains produits chinois sensibles afin de protéger son industrie locale et d’éviter toute concurrence jugée préjudiciable à son tissu économique.
Avant même la conclusion de l’accord global, la Chine propose également de négocier un “accord de récolte précoce” consacré principalement à la facilitation des échanges commerciaux. La priorité aujourd’hui est d’encourager davantage l’entrée des produits africains sur le marché chinois et de faire du commerce un moteur central du partenariat sino-africain.
Quels sont les progrès des grands projets de coopération entre la Tunisie et la Chine, dont le pont de Bizerte? Quels nouveaux investissements la Chine envisage-t-elle en Tunisie ?
Ces dernières années, la coopération entre la Chine et la Tunisie a connu une dynamique très positive, notamment dans le domaine des infrastructures. Plusieurs projets réalisés par des entreprises chinoises progressent aujourd’hui de manière satisfaisante, y compris le projet stratégique du pont de Bizerte.
Concernant ce projet, il s’agit d’un modèle de coopération multilatérale. Le financement est assuré par la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Banque africaine de développement (BAD), tandis que les travaux sont réalisés par une entreprise chinoise avec des équipements, des technologies et un savoir-faire chinois.
Nous espérons que toutes les parties renforceront davantage leur coordination afin d’assurer une réalisation du projet dans les délais prévus, avec les standards de qualité requis, et d’en faire un véritable modèle de coopération internationale multipartite.
En ce qui concerne le futur centre d’oncologie de Gabès, une délégation d’entreprises chinoises a déjà effectué une mission d’inspection sur le terrain. La cérémonie officielle de lancement des travaux devrait avoir lieu avant la fin du mois de juin de cette année.
Ces projets illustrent la volonté commune de la Chine et de la Tunisie de renforcer leur coopération dans des secteurs stratégiques tels que les infrastructures, la santé et les équipements publics.
Pour le stade olympique d’El Menzah, où en est-on aujourd’hui et quelles sont les prochaines étapes de sa réalisation ?
La Chine attache une grande importance au projet de reconstruction du stade olympique d’El Menzah, qui constitue un projet symbolique de la coopération sino-tunisienne dans le domaine des infrastructures sportives.
La partie chinoise a déjà donné son accord de principe pour le financement du projet. Actuellement, le projet est entré dans une phase importante liée aux procédures de sélection des entreprises chargées de sa réalisation.
Une séance d’ouverture des plis s’est tenue au ministère de l’Équipement et de l’Habitat. Cette étape concerne essentiellement la présélection technique des entreprises candidates. Par la suite, la partie tunisienne poursuivra les procédures nécessaires afin de choisir l’entreprise chargée de la réalisation effective du projet et d’examiner les offres financières dans le cadre des étapes suivantes de l’appel d’offres. Nous espérons que, grâce à la coopération étroite entre les deux parties, ce projet pourra avancer rapidement et démarrer dans les meilleurs délais.
Au-delà des infrastructures, la coopération sino-tunisienne se développe dans les secteurs des nouvelles technologies, de la santé et de la recherche. Quels sont aujourd’hui les principaux axes de cette coopération et quelles perspectives envisagez-vous pour les prochaines années ?
La coopération entre la Chine et la Tunisie ne se limite pas aux infrastructures. Elle connaît également une dynamique importante dans des secteurs stratégiques tels que les nouvelles technologies, la santé, l’éducation, la recherche et le transfert de savoir-faire.
Dans le domaine technologique, des entreprises chinoises comme Huawei sont déjà fortement présentes sur le marché tunisien. Leur coopération avec la Tunisie couvre plusieurs secteurs, notamment les technologies de l’information, les télécommunications, la santé numérique et la formation.
Nous constatons aujourd’hui un fort potentiel de coopération dans les domaines de la recherche et du développement, notamment autour des technologies avancées, de l’innovation et des solutions numériques.
Sur un autre plan, le secteur de la santé représente également un axe prometteur. À titre d’exemple, Sinovac Biotech explore un partenariat avec le ministère tunisien de la Santé dans le domaine des vaccins et des produits pharmaceutiques. La Chine souhaite approfondir sa coopération avec la Tunisie afin de soutenir le développement de capacités locales de production pharmaceutique. Cette coopération pourrait contribuer à atténuer certaines pénuries de médicaments et à renforcer l’autonomie du secteur sanitaire tunisien.
Bien évidemment, les modalités exactes de cette coopération dépendront naturellement des négociations entre les entreprises chinoises concernées et les partenaires tunisiens, notamment en matière de transfert de technologies, de production locale et de partage du savoir-faire.
Cette dynamique reflète une volonté commune de renforcer les investissements et les partenariats entre les deux pays. Nous espérons toutefois que la mise en œuvre des projets pourra être davantage accélérée et que certaines procédures administratives pourront être simplifiées afin de faciliter encore plus la coopération économique et technologique entre la Chine et la Tunisie.
Les investissements chinois en Tunisie se multiplient dans plusieurs secteurs vitaux et de haute valeur ajoutée. Quelle est la vision globale de la Chine pour renforcer et structurer son implantation industrielle en Tunisie, et comment évaluez-vous l’environnement des investissements sur place ?
La Chine encourage activement les entreprises chinoises à investir en Afrique afin de soutenir le processus d’industrialisation du continent et de favoriser une plus grande conservation de la valeur ajoutée sur place.
Dans le cadre du partenariat stratégique sino-tunisien, nous constatons une augmentation nette du nombre d’entreprises chinoises intéressées par le marché tunisien et venues explorer des opportunités d’investissement dans différents secteurs industriels.
Plusieurs projets concrets illustrent cette dynamique. Par exemple, Sinoma Cement a décidé d’investir 20 millions de dollars en 2026 dans la société tunisienne CJO, qu’elle a acquise l’année précédente. Ce projet vise la modernisation de l’entreprise à travers des améliorations en matière d’efficacité énergétique et de réduction des émissions de carbone, contribuant ainsi à la transition environnementale en Tunisie.
Dans le secteur automobile, l’entreprise Jetty Automotive Technology a déjà réussi à s’implanter en Tunisie avec la création d’une usine à Ben Arous spécialisée dans les composants automobiles. Ce projet a été réalisé dans des délais relativement courts, puisque la mise en place de l’usine et le lancement de la production ont pu être effectués en moins d’un an.
Cette entreprise envisage désormais d’étendre ses investissements en Tunisie avec la construction d’une nouvelle usine. Le choix du site est actuellement en cours d’étude et peut concerner aussi bien les grandes zones industrielles que les régions intérieures du pays, en fonction des conditions d’investissement et des incitations disponibles.
En effet, la Chine prend en compte les politiques tunisiennes d’encouragement à l’investissement dans les régions intérieures, qui visent à réduire les disparités régionales et à lutter contre le chômage. D’autres projets industriels sont également en préparation. Taikang Electronics prévoit la construction d’une usine de pièces automobiles en Tunisie avec un investissement d’environ 15 millions de dollars, dont le lancement est prévu prochainement. De son côté, Kunshan Huguang Auto Electric Co., Ltd. projette un investissement pouvant atteindre 40 millions de dollars et est actuellement en phase de sélection du site industriel.
Finalement et non moins important, les entreprises chinoises manifestent également un intérêt croissant pour des projets intégrés à forte valeur ajoutée, notamment dans la chaîne de production du phosphate, allant de l’extraction à la transformation chimique et à la fabrication d’engrais.
Dans l’ensemble, la Chine considère que la Tunisie dispose d’un potentiel important pour devenir un hub industriel régional, et souhaite continuer à accompagner ce développement à travers des investissements diversifiés, durables et créateurs d’emplois.
La Chine est un leader mondial dans le domaine des technologies, notamment dans les télécommunications, l’énergie et l’intelligence artificielle. Existe-t-il des projets de transfert de technologies ou de coopération numérique entre la Chine et la Tunisie ?
La coopération technologique constitue l’une des priorités entre la Chine et la Tunisie, à laquelle le Président Kaïs Saïed accorde une grande importance. Lors de sa visite en Chine en 2024, il s’est spécialement rendu à Shenzhen pour visiter Huawei et BYD. Grâce aux efforts conjoints des gouvernements et des entreprises des deux pays, la coopération dans le domaine des hautes technologies a porté des fruits remarquables. Le Centre sino-arabe du système de navigation par satellite Beidou (le Centre sino-arabe BDS/Gnss), premier centre de ce type à l’étranger, a été inauguré en Tunisie, contribuant à la formation de talents dans les pays arabes.
Dans les domaines de l’économie numérique, de l’IA et du développement vert, Huawei participe activement à la construction du réseau de communication 5G et du réseau dorsal national de fibre optique en Tunisie, et a contribué à la mise en place du premier système de cloud computing dédié à l’enseignement supérieur et à la recherche en Afrique du Nord. Cette entreprise a également établi des partenariats stratégiques avec plusieurs universités tunisiennes, en fournissant des capacités en IA et en calcul de mégadonnées. Elle a aussi assuré la formation de plus de 12.000 ingénieurs dans le domaine des TIC, et apporte des équipements et un soutien technologique à divers projets d’e-gouvernement, d’enseignement à distance, de santé et de transport intelligents en Tunisie.
Par ailleurs, le plus grand projet de centrale photovoltaïque de Tunisie, construit par une entreprise chinoise, est entré en exploitation commerciale. Ce projet permettra de réduire les émissions de CO2 de 5 millions de tonnes, et contribuera, par conséquent, à atténuer la pénurie locale d’électricité, à soutenir l’ajustement de la structure énergétique et la transformation industrielle de la Tunisie, et à jouer un rôle positif dans la protection de l’environnement.
À l’heure actuelle, le développement rapide de l’IA à l’échelle mondiale rend urgente la nécessité de renforcer les capacités dans ce domaine. Le gouvernement chinois a initié le Groupe d’amis pour la coopération internationale en matière de renforcement des capacités de l’IA, et invite favorablement la participation de la Tunisie.
La Chine et la Tunisie travaillent sur l’ouverture de vols directs et sur des mesures destinées à faciliter les échanges touristiques entre les deux pays. Où en sommes-nous aujourd’hui ?
Les institutions compétentes des deux pays maintiennent une communication étroite et mènent actuellement des discussions et consultations sur la faisabilité de l’ouverture de vols directs entre la Chine et la Tunisie.
Si de telles liaisons aériennes directes venaient à être établies, elles renforceraient considérablement la connectivité entre les deux pays et faciliteraient les échanges de personnes, qu’il s’agisse de touristes, d’hommes d’affaires ou d’étudiants. Toutefois, la mise en place de ces vols dépend avant tout des décisions commerciales des compagnies aériennes et doit reposer sur des prévisions réalistes de la demande en transport de passagers et de fret.
À ce stade, des solutions plus flexibles, comme les vols charters saisonniers, apparaissent comme une option plus pragmatique et économiquement viable. Les périodes de forte demande touristique, notamment les saisons printanières et les périodes de vacances en Chine, ainsi que certaines périodes favorables en Tunisie, pourraient constituer des créneaux pertinents pour ce type de desserte.
Concernant la promotion des flux touristiques, l’Office national du tourisme tunisien (Ontt) a déjà entrepris plusieurs actions importantes, notamment l’organisation de voyages de familiarisation en Tunisie pour des influenceurs chinois et des agences de voyages afin de mieux faire connaître la destination tunisienne.
De son côté, la Chine contribue également à la valorisation des ressources touristiques tunisiennes et au renforcement des capacités du secteur touristique, notamment à travers des initiatives de coopération et de formation.
Comme vous le savez, le tourisme chinois a des spécificités culturelles qu’il est important de mieux prendre en compte. Les touristes chinois, par exemple, sont très attachés à certaines habitudes comme la consommation d’eau chaude, l’usage de thermos, ou encore des attentes particulières en matière de services hôteliers.
Il est donc souhaitable que la Tunisie puisse progressivement développer des offres touristiques davantage adaptées à ces besoins spécifiques, notamment dans l’hôtellerie et les services d’accueil. Cela ne signifie pas modifier l’identité touristique tunisienne, mais plutôt enrichir l’offre existante afin de mieux répondre aux attentes d’un marché en croissance.
Par ailleurs, le développement des compétences linguistiques constitue un enjeu important. Le nombre de guides capables de s’exprimer en chinois reste encore limité, même si des efforts sont en cours.
Dans ce cadre, un Institut Confucius spécialisé dans le tourisme et la langue chinoise sera prochainement lancé à l’Université de Sousse, en complément de celui déjà existant à l’Institut Supérieur des Langues de Tunis (Islt). Cet institut aura pour mission de former des professionnels tunisiens capables de mieux accompagner les touristes chinois et de renforcer la qualité des services.
À l’horizon 2030, comment le partenariat sino-tunisien va-t-il évoluer? Quelles sont les priorités de la Chine?
La Chine met actuellement en œuvre de manière progressive le XVe plan quinquennal de développement économique et social. Selon ce plan, d’ici à 2030, la Chine aura réalisé des avancées significatives en matière de développement de qualité, d’indépendance et de renforcement des sciences et technologies, de progrès de la civilisation sociale, d’amélioration de la qualité de vie de la population, ainsi que de développement vert.
Et depuis l’établissement du partenariat stratégique entre la Chine et la Tunisie, les relations bilatérales ont connu un développement rapide dans de nombreux domaines: politique, économie, investissement, éducation, santé et énergies nouvelles.
Cependant, nous considérons qu’il existe encore un potentiel important à exploiter. La Tunisie dispose d’atouts réels pour attirer davantage d’investissements étrangers, et de nombreuses entreprises chinoises manifestent un intérêt croissant pour le marché tunisien. Avec des efforts conjoints des deux parties, nous pensons que cette coopération connaîtra une croissance plus rapide et plus soutenue dans les prochaines années.
Dans cette perspective, certains secteurs apparaissent comme prioritaires pour la période à venir.
Le premier est celui des énergies renouvelables, notamment le solaire et les projets photovoltaïques. La Tunisie est engagée dans une transition énergétique importante, et la Chine dispose d’une expertise reconnue dans ce domaine.
Le deuxième secteur prioritaire est celui du phosphate et de la chaîne de valeur minière. Il s’agit des projets intégrés couvrant l’ensemble de la chaîne : extraction, transformation, production d’acide phosphorique et fabrication d’engrais.
Ce type de projet est structurant, mais il doit impérativement tenir compte des exigences environnementales. La question écologique est aujourd’hui incontournable, notamment dans les zones concernées par des sensibilités environnementales fortes. Pour la partie chinoise, la protection de l’environnement est une priorité et constitue une condition essentielle à la réalisation de tout projet industriel.
Au-delà de ces secteurs, la Chine souhaite également renforcer sa coopération dans les infrastructures, les nouvelles technologies, la santé, ainsi que l’industrie manufacturière, où plusieurs projets sont déjà en cours ou en préparation.
Nous estimons également que l’amélioration du climat global des investissements et la simplification de certaines procédures administratives peuvent contribuer à accélérer la concrétisation des projets. Dans certains cas, les projets avancent rapidement et sans difficulté majeure ; dans d’autres, ils nécessitent davantage de coordination entre les différentes parties concernées.
Au-delà des aspects sectoriels, la Chine reste convaincue que le partenariat sino-tunisien dispose de solides perspectives à moyen et long terme. L’objectif est de poursuivre l’approfondissement de cette coopération, de renforcer les échanges économiques et humains, et de faire en sorte que les fruits du développement bénéficient davantage aux deux peuples d’ici à 2030.
Je reste, pour ma part, pleinement confiant dans l’avenir des relations entre la Chine et la Tunisie et déterminé à continuer à œuvrer à leur consolidation.