Ghofrane Belkhir évoluera en Allemagne : La naturalisation sportive banalisée !
Le cas Ghofrane Belkhir n’est pas le premier et reflète la dégradation de la gestion du sport d’élite en Tunisie.
La Presse — Comme un pied de nez pour ceux qui n’ont encore rien compris, Ghofrane Belkhir a fait paraître la photo de son nouveau carnet d’affiliation à un club allemand qui lui permet de revenir sur scène et participer aux tournois ou manifestations internationales, dans une discipline sportive des plus exigeantes : l’haltérophilie.
Cette authentique championne du monde a faussé compagnie à la délégation tunisienne. Elle n’avait même pas pris son passeport. Cela suppose que tout était préparé à l’avance et qu’un relais a été convenu pour la cueillir une fois sur place, la véhiculer en toute sécurité et la remettre aux autorités allemandes qui ont sans doute accepté de l’accueillir. Facile comme bonjour. Nos amis allemands se voient nantis d’une championne qu’ils auraient mis des années pour la trouver d’abord, la former et la propulser sur la scène internationale ensuite.
Aidés, bien entendu, par la léthargie de ceux qui s’occupent du secteur du sport d’élite en Tunisie.
Et comme d’habitude, un quidam qui se présente comme irresponsable du secteur, pour expliquer que le dossier de tel ou tel athlète est en règle, qu’il l’a adressé à qui de droit et que tout est en route sans problème aucun.
C’est tout simplement de l’inconscience pour ne pas dire une complicité, un encouragement à la fugue, pour ceux qui ont souffert, ceux et celles qui, en fin de compte, désespérés, sautent le pas. Ils finissent par donner leur accord au chasseur de têtes qui les a pistés durant un bon bout de temps. Le schéma de la fugue est dès lors mis en place, souvent déclenché, lors d’un déplacement d’une équipe nationale à l’étranger.
Ghoffrane n’est pas la première. Elle ne sera pas la dernière. Tout récemment, des athlètes d’élite paralympiques ont adressé une requête au Chef de l’Etat en personne, désespérés par l’assourdissant silence en réponse à leurs doléances et manque d’initiative de ceux qui sont responsables de ce secteur délicat, qui en fait, ne gère pas une élite mais des hommes et des femmes qui ont tout sacrifié pour le sport.
Et comme ils n’ont rien, ne possèdent que ces qualités naturelles qui leur ont permis de devenir les meilleurs….du monde, ils désespèrent face à l’inanité de ceux qui croient tout est réglé en adressant une demande, un courrier.
Nous n’avons cessé de répéter que le traitement, la gestion de l’élite se fait de manière plus dynamique, plus directe, plus entreprenante. Il faut suivre un dossier et l’accompagner tout au long d’un parcours qui n’a rien à voir avec le reste de la paperasse que l’on brasse pour faire illusion.
Ces pseudo-responsables doivent comprendre, une fois pour toutes, que les nations les plus évoluées ne sont plus capables de former des champions dans des spécialités pointues qui exigent temps et sacrifices. Leurs jeunes n’acceptant plus de souffrir, il ne leur reste plus qu’à aller en piquer là où les éléments d’élites sont maltraités, ignorés, délaissés.
Une question banale à l’adresse de ceux qui sont responsables de ce secteur de l’élite : que feraient-ils si leur salaire ne leur est pas versé à la date prévue ?



