Deux ans après, Jouini revient pour reprendre un secteur endommagé et discrédité.
La Presse — Le bureau fédéral a décidé de nommer Neji Jouini au poste de superviseur général de la Direction nationale de l’arbitrage. Il remplace ainsi Djamel Himoudi qui a quitté ce poste il y a quelques jours. Quoi qu’il en soit, Neji Jouini est dans son élément. Il a fait du très beau travail au Qatar, où il est arrivé à mettre sur pied une entité qui tient la route.
A son retour, les puristes avaient souhaité sa désignation au chevet d’un arbitrage tunisien en mauvaise santé pour ne pas dire moribond. Et le souhait a été exaucé. Il a pris le poste, pour ne pas rester le temps qu’il fallait pour redresser la barre. Il s’en est allé à ses affaires. L’arbitrage tunisien oublié du monde s’est mis alors à vivre une période difficile, insupportable.
Au point qu’il ne fallait même pas essayer de trouver trace de nos referees dans les grandes manifestations continentales et internationales. Les problèmes se sont accentués, les menaces des clubs ont fusé de toutes parts et tout est remis en question. L’arrivée de Djamel Himoudi n’a rien résolu.
Et voilà que Néji Jouini qui revient comme si de rien n’était. Il fallait de ce fait poser la question qui brûle les lèvres : Pourquoi est-il parti, pourquoi est-il revenu ? Son retour pourrait s’accompagner d’une véritable reprise en main d’un secteur vital. Il faudrait le laisser travailler, mais il est impérieux qu’il s’adonne à sa tâche de manière pleine et entière.
Sans un arbitrage à la hauteur, le football ne pourra jamais progresser dans le pays. Ces fins de matchs en queue de poisson, ces procès d’intention à l’encontre des arbitres et de leur direction, ces « menaces » de retrait et autres enfantillages de dirigeants oubliant leur rôle, ne pouvaient durer plus longtemps. Et puis, pourquoi doit-on laisser à quai un technicien qui a fait ses preuves et que tout le monde juge le plus valable pour ce poste délicat ?
Il devra résister
Il y était, alors pourquoi est-il parti ? Nous ne connaissons pas ses sentiments, mais cela a été certainement dur, car, quoi qu’il en soit, Neji Jouini voulait réussir. Le système en place n’était pas prêt à céder la place à une révolution de palais qui allait coûter la place de bien des durs à cuire. Mauvais communicant, Néji Jouini n’est pas parvenu à résorber en toute urgence, d’entrée, les tares d’un arbitrage en mauvaise situation et duquel tout le monde doutait.
Cette crise de confiance a durablement marqué l’arbitrage tunisien depuis un bon bout de temps. Et c’est la raison pour laquelle il a préféré partir. Son retour, après avoir certainement réfléchi aux conséquences de son premier passage, pourrait être le bon. L’arbitrage ne peut pas descendre plus bas. Tout, ou presque, est à refaire. Une mission difficile, mais nécessaire et prioritaire. Il aura à lutter et à résister à ceux qui n’ont pas réussi, mais qui tiennent à ce que personne ne réussisse.
S’il parvient à tenir en respect ces baroudeurs des grands chemins, il sera en mesure d’appliquer ses idées pour une relance que tout le monde souhaite.



