Une étude menée auprès de 980 adolescents à Sfax révèle que 33,7 % d’entre eux consomment des cigarettes électroniques. Les chercheurs alertent sur une pratique qui s’installe dès l’adolescence et appellent à renforcer la prévention en milieu scolaire et l’implication des familles.
La cigarette électronique gagne du terrain chez les adolescents tunisiens. Une étude médicale réalisée par des médecins des hôpitaux universitaires Habib Bourguiba et Hédi Chaker, ainsi que de la Faculté de médecine de Sfax, fait état d’une prévalence de 33,7 % de consommation de cigarettes électroniques parmi les adolescents interrogés.
Menée entre septembre et octobre 2024 auprès d’élèves de collèges et de lycées de la ville de Sfax, l’étude avait pour objectif d’évaluer l’ampleur de l’usage de la cigarette électronique chez les adolescents et d’identifier les principaux facteurs favorisant cette pratique, devenue, selon les auteurs, un problème de santé publique en raison de ses effets potentiellement néfastes sur la santé.
L’étude a porté sur 980 adolescents, âgés en moyenne de 15 ans. Parmi eux, 63,6 % vivent en milieu rural, tandis que 43,3 % présentent un niveau socio-économique considéré comme faible.
Une première consommation dès 14 ans
Les résultats montrent que l’âge moyen de la première consommation de cigarette électronique est de 14 ans, témoignant d’une initiation relativement précoce chez les adolescents.
La curiosité constitue de loin la principale raison évoquée pour expliquer le recours à la cigarette électronique, avec 77,9 % des cas, tandis que les problèmes sociaux représentent 22,1 % des motivations rapportées par les participants.
L’étude relève également une consommation particulièrement marquée chez les garçons et en milieu urbain. Les chercheurs établissent par ailleurs un lien entre l’usage de la cigarette électronique et l’échec scolaire, sans que les éléments fournis permettent toutefois d’établir à eux seuls un lien de causalité.
Les chercheurs appellent à renforcer la prévention
Pour les auteurs, le niveau de prévalence observé fait craindre une installation durable de cette pratique chez les adolescents et, par conséquent, un risque accru d’usage prolongé de la cigarette électronique.
Face à cette situation, ils préconisent la mise en place de mesures préventives ciblant le système éducatif, notamment à travers une meilleure sensibilisation des élèves aux risques liés à la cigarette électronique.
Les chercheurs insistent également sur la nécessité d’impliquer davantage les familles, considérées comme un acteur essentiel de la prévention, particulièrement auprès des adolescents issus des catégories les plus vulnérables.
L’étude met ainsi en évidence la nécessité d’une approche combinant prévention scolaire, sensibilisation familiale et accompagnement des adolescents, afin de limiter la progression de l’usage de la cigarette électronique parmi les jeunes.



