A la une Société

Cnam et Poste : Courriers à risque !

  • 21 septembre 2026
  • 4 min de lecture
Cnam et Poste : Courriers à risque !

“Passer comme une lettre à la poste”. Cette évidence est-elle toujours de mise ?
Notre courrier est-il régulièrement acheminé vers ses destinataires ? La Poste est-elle ce messager fidèle qui honore ses engagements ? Bref, doit-on faire confiance, aveuglément, à cette institution dont “le cachet fait foi” ?

La Presse — Autant de questions que nous ne cessons de nous poser à la suite de plusieurs incidents qui ne manquent pas de porter préjudice aux gens concernés.

Des retards inacceptables

En effet, on ne parvient plus à expliquer comment les lettres n’arrivent pas à leurs destinataires ou accusent de grands retards.

Il est vrai que le recours aux envois postaux a diminué de façon très remarquable. Toutefois, certaines administrations continuent (pour des raisons qui les intéressent) à utiliser cette voie.

Ce qui ne laisse pas de causer quelques ennuis aux destinataires. Et pas des moindres.

Prenons un des nombreux exemples de ce qui peut arriver à n’importe lequel d’entre nous. Une correspondance entre la Cnam (Caisse nationale d’assurance maladie) et ses affiliés peut être perturbée pour une raison que le simple des mortels ne peut pas expliquer.

L’affilié en question dépose un dossier pour solliciter une prestation. Plusieurs jours d’attente. Enfin, un signe de vie lui parvient lui signifiant qu’il manque des pièces à son dossier. C’est à travers une lettre normale que la précision est envoyée. Cette lettre mettra cinq jours, voire plus, pour arriver.

Pendant ce temps, il se voit contraint de se débrouiller pour satisfaire l’ultime document qu’on exige de lui. Or, la Cnam ne lui accorde que 15 jours pour compléter la (ou les) pièces manquante(s). Ce délai est insuffisant surtout si on enlève les jours que la lettre a mis pour arriver à destination. 

Bref, il ne reste pas grand-chose parce que le délai accordé est comptabilisé à partir du moment où la missive officielle est envoyée par la Caisse. La marge de manœuvre est, alors, très limitée.

Préserver l’intérêt de l’affilié

L’intéressé devra faire preuve d’ingéniosité pour se rattraper et ne pas dépasser le délai arbitraire fixé par la Cnam. Ce délai, faut-il le préciser, doit être effectivement de 15 jours pleins et non à partir du jour où la lettre est envoyée au bénéficiaire. C’est-à-dire à partir du jour de la réception de l’avis par l’affilié.

Dans ce cas, la Caisse est appelée à changer ses règles du jeu. Il faut préserver, avant tout, l’intérêt de l’affilié et non les procédures administratives. Celles-ci doivent s’adapter aux intérêts des citoyens et non uniquement aux convenances de l’administration. C’est le vrai sens de la réforme que doit connaître notre administration. 

Il est clair que la numérisation joue de plus en plus son rôle. Des documents importants ne sont pas faits pour être livrés par la Poste.

Il y a les messages et la plateforme pour rester en contact avec les affiliés. C’est à travers eux qu’on doit aviser les intéressés chaque fois que c’est nécessaire. Lesdits documents mériteraient d’être délivrés en main propre et non par voie postale (et qui plus est, voie normale et non recommandée).

Droits perdus 

Comment accepter qu’une lettre envoyée le 3 du mois X ne parvienne pas à son destinataire jusqu’à ce qu’il aille chercher l’explication à la source ?

Cette source lui apprend que le courrier a bel et bien été envoyé et qu’il faudra s’adresser … à la Poste !

Est-on vraiment obligé de faire ce parcours inutile ? 

Qu’à cela ne tienne. 

L’aventure continue. A la Poste, il s’avère que la fameuse lettre “perdue” repose tranquillement parmi tant d’autres dans le centre de distribution. Elle porte un cachet avec la date du 9 du mois X (déjà mentionné). Or, le jour où le malheureux destinataire est venu la chercher est … le 16 du même mois. Soit 13 jours après son émission.

La lettre contient un accord favorable de prise en charge d’un acte médical. La validité accordée est de 45 jours à partir du 3 du mois X. Autrement dit, le bénéficiaire ne dispose, en réalité, que de 45 jours – 13 jours.

Est-ce normal ? Supposons que l’affilié ne se soit pas présenté à la Cnam croyant que son dossier est, toujours, à l’étude (comme c’est souvent le cas) que ce serait-il passé ? On l’imagine bien : il aurait perdu son droit aux soins sollicités en raison du dépassement du délai. 

Auteur

Amor CHRAIET

You cannot copy content of this page