Oum El Kélil : le cimentier public renoue avec les bénéfices et vise le marché libyen
La cimenterie publique Oum El Kélil, implantée à Jérissa, dans le gouvernorat du Kef, affirme avoir définitivement surmonté la crise financière qui avait lourdement affecté son activité et être désormais revenue à la rentabilité. L’entreprise dispose actuellement d’une capacité de production de 3.000 tonnes de ciment par jour et entend désormais renforcer son activité, notamment à travers l’ouverture sur le marché libyen.
Ces informations ont été annoncées mercredi 23 septembre 2026 par le président-directeur général de la société, Taoufik Khardani, lors de son passage sur les ondes de la Radio nationale.
Selon le responsable, la cimenterie a réussi à dépasser une crise d’endettement qui avait atteint près de 260 millions de dinars, au terme de trois années de travail visant à rétablir ses équilibres et à relancer son activité.
Trois années pour sortir de la crise
Taoufik Khardani a expliqué que le redressement de l’entreprise s’est appuyé principalement sur ses propres ressources, qu’elles soient humaines ou matérielles, ainsi que sur la valorisation de ses capacités et de ses points forts.
“Cette stratégie a notamment porté sur l’amélioration des lignes de production, la maintenance de plusieurs équipements et la restauration de la confiance des clients et des fournisseurs”, a-t-il précisé.
Le PDG a indiqué que les dettes envers les fournisseurs ont désormais été réglées, à l’exception de celles dues à la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG). Ces dernières ont fait l’objet d’un rééchelonnement sur dix ans, avec un remboursement effectué conformément à cet échéancier.
L’entreprise serait ainsi parvenue à retrouver une situation dans laquelle ses recettes dépassent désormais ses dépenses, aussi bien au niveau de l’exploitation que de l’investissement, selon les déclarations de son responsable.
Cette amélioration intervient alors que la cimenterie avait également engagé des opérations de maintenance et de renouvellement de certains équipements. Le 16 septembre, l’entreprise avait annoncé la reprise de sa production de clinker à pleine capacité, après ces interventions. Le clinker constitue un produit intermédiaire essentiel dans la fabrication du ciment.
49 millions de dinars grâce au changement de combustible
Parmi les mesures mises en œuvre figure également une modification du mode d’alimentation énergétique des lignes de production. Le recours au pétrole en remplacement de l’énergie thermique et du gaz aurait permis à l’entreprise de réaliser un gain de 49 millions de dinars, a indiqué Taoufik Khardani.
“Cette évolution énergétique s’inscrit dans les efforts engagés par la cimenterie pour réduire ses coûts et améliorer l’efficacité de son outil industriel”, a-t-il souligné.
Dans ce contexte, le redémarrage de la production constitue un signal important pour l’entreprise, mais sa capacité à maintenir durablement son niveau de production et sa rentabilité devra être appréciée à travers les prochains indicateurs d’activité et les résultats financiers.
400 emplois directs et un nouveau cap vers la Libye
Au-delà de ses performances industrielles, Oum El Kélil demeure également un employeur important dans la région du Kef. La cimenterie compte actuellement 400 cadres et travailleurs issus de la région, pour une masse salariale estimée à 12 millions de dinars, selon le PDG.
Après avoir consacré les dernières années au redressement de sa situation financière et à la remise à niveau de son outil de production, l’entreprise entend désormais franchir une nouvelle étape en se tournant vers l’exportation.
La cimenterie vise ainsi le marché libyen, considéré comme une nouvelle opportunité de développement pour sa production.
Sur le marché local, la demande annuelle de ciment est estimée à environ 6 millions de tonnes, réparties entre huit cimenteries, selon les données communiquées par le responsable.
Le retour à la rentabilité revendiqué par Oum El Kélil, après une période marquée par un endettement de près de 260 millions de dinars, constitue ainsi une évolution importante pour cette entreprise publique. Reste désormais à confirmer, dans la durée, la régularité de la production, la solidité de ses équilibres financiers et sa capacité à transformer le redressement industriel en croissance durable, notamment grâce à l’exportation.



