Culture

Patrimoine culturel et employabilité : L’équation que tente de résoudre le projet Diem

  • 2 octobre 2026
  • 5 min de lecture
Patrimoine culturel et employabilité : L’équation que tente de résoudre le projet Diem

Sur la table, l’adéquation des compétences aux besoins du secteur, mais également un engagement de l’ensemble des parties prenantes à mettre un point d’honneur à préserver les métiers du patrimoine, dont certains sont aujourd’hui menacés de disparition.

La Presse — Au cœur du site archéologique de Oudhna, académiciens, chercheurs et acteurs de la formation professionnelle en Tunisie se sont réunis pour une table ronde le 28 septembre, dédiée à la formation aux métiers du patrimoine, sous la bienveillance de Animed, un des acteurs de l’Économie sociale et solidaire et de l’Institut national du patrimoine. Sur la table, l’adéquation des compétences aux besoins du secteur, mais également un engagement de l’ensemble des parties prenantes à mettre un point d’honneur à préserver les métiers du patrimoine, dont certains sont aujourd’hui menacés de disparition.

C’est là qu’intervient le projet méditerranéen Diem (Developing Inclusive Education in the Mediterranean), une initiative financée par le programme européen Interreg Next MED 2021–2027 d’une durée de 36 mois, et dont le leitmotiv est de professionnaliser la gestion des sites historiques, qui ne doivent pas être un repoussoir pour les jeunes, mais, bien au contraire, attirer les jeunes et leur donner envie de se former aux métiers du patrimoine.

Une cartographie pour y voir plus clair

En dépit d’un riche patrimoine qui ne demande que d’être révélé au grand public, les jeunes ne sont pas souvent attirés par les métiers de préservation des sites archéologiques. Le constat est également vrai pour les métiers liés au management des sites historiques.

Devant des représentants des institutions publiques, des universités et établissements de formation, des gestionnaires de sites patrimoniaux et autres parties prenantes, les premiers résultats de la cartographie réalisée dans le cadre de Diem ont été présentés avec des constats, qui permettent aujourd’hui d’aborder avec sérénité les prochaines phases du projet, mais surtout ils permettent de faire avancer les débats sur ces questions du patrimoine malgré quelques pierres d’achoppement.

Les réalités mises en lumière par cette cartographie montrent des formations existantes à travers six pays partenaires du projet (Italie, Espagne, Égypte, Jordanie, Palestine et Tunisie) faisant état de 704 formations. Cependant, « les résultats mettent notamment en évidence une présence encore limitée des compétences liées à la gestion du patrimoine dans les intitulés de formation, particulièrement dans les pays du Sud de la Méditerranée », peut-on lire dans un communiqué distribué aux médias.

D’un autre côté, selon la présentation faite lors de cette table ronde, le Système Ects adopté depuis 2009 offre, certes, une convergence réelle avec les standards européens, mais ne permet pas encore de parler de passerelle entre formation professionnelle et enseignement supérieur dans ce domaine. En clair, les financements existent, mais le problème réside dans ce que l’on pourrait appeler l’interopérabilité entre formation professionnelle et université.

Le projet Diem, en étroite collaboration avec l’ensemble des parties prenantes, se propose de développer « un modèle de formation court, modulaire et certifié par des micro-credentials, organisé autour de trois groupes cibles ».

Sans entrer dans des détails techniques, l’idée est de former des Leaders, des Futurs Managers (parmi les jeunes diplômés sans emploi) et les communautés parmi la population qui se trouve en dehors d’un quelconque système éducatif.

Entre formations en ligne et ateliers pratiques, les participants sélectionnés pourront conjuguer les enseignements théoriques à l’expérience de terrain. En ce qui concerne l’expérience terrain, le projet Diem a fait le choix d’un site pilote d’exception, toujours en quête d’exploitation pour qu’il puisse livrer tous ses secrets. Il s’agit du site pilote de Oudhna, magnifiquement dirigé par l’archéologue et académicien, Nizar Ben Slimane.

« Le site d’Oudhna correspond à l’antique cité d’Uthina, qui est située à environ trente kilomètres au sud-ouest de Tunis, à la délégation de Mornag, gouvernorat de Ben Arous. Cette ville est d’origine préromaine, vraisemblablement une cité à suffètes.

La fondation de la colonie romaine est située vers 27 av. J.-C. quand des vétérans de la XIIIe Légion ont été installés dans cet endroit, à environ 40 km au sud de la capitale Carthage, sur la voie reliant la capitale à la ville de Thuburbo Maius », avait-il écrit au sujet du site dont il est le conservateur.

Lors de son intervention, Nizar Ben Slimane a notamment expliqué que l’amphithéâtre de Oudhna était un monument exceptionnel du point de vue architectural, et il est particulièrement bien conservé. Il se place au troisième rang des amphithéâtres en Afrique après celui de Carthage et celui d’El Jem, et peut accueillir jusqu’à 16.000 spectateurs.

Autant dire que le projet Diem offre aux participants à ces formations une belle tribune qui permettrait de leur ouvrir de nouvelles perspectives professionnelles.

Auteur

Karim Ben Said

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