La commission européenne a proposé mardi d’inscrire dans le droit européen une trajectoire de réchauffement climatique allant jusqu’à +3°C d’ici 2100, afin d’inciter les Etats membres à se préparer aux chocs climatiques.
La proposition du nouveau règlement sur le climat devrait pousser les autorités à baser leurs évaluations de risques, leurs budgets et leurs politiques sur une trajectoire de référence, à savoir +1,5 °C d’ici 2030, +2 °C d’ici 2050 et +3 °C d’ici 2100, par rapport aux niveaux préindustriels, a indiqué l’Exécutif européen.
Les pouvoirs publics à tous niveaux à travers l’Europe doivent agir sur l’adaptation, en évitant d’avancer en ordre dispersé, a souligné à cet égard le commissaire européen au Climat, Wopke Hoekstra, estimant que la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’électrification restent incontournables, mais « ne suffiront pas ».
Si les accords de Paris visent à contenir la hausse de la température mondiale bien en dessous de 2 °C, tout en poursuivant les efforts pour la limiter à 1,5 °C, « il ne serait pas sage de ne pas se préparer à des scénarios que les scientifiques envisagent déjà », a-t-il insisté.
Cette législation remplacerait plusieurs obligations fragmentées en imposant un plan stratégique national unique sur la résilience climatique, assorti d’une désignation claire des autorités publiques responsables pour chaque risque majeur. « La dernière chose que l’on veut voir, ce sont des politiques qui se rejettent la responsabilité », a commenté le commissaire néerlandais.
De son côté, la vice-présidente de la Commission chargée de la transition propre, Teresa Ribera, a relevé que le changement climatique a été responsable d’environ 30.000 à 50.000 décès prématurés cet été en Europe.
Les vagues de chaleur et les sécheresses prolongées ont alimenté des incendies de forêt et fait chuter certains des plus grands fleuves d’Europe à des niveaux historiquement bas, après des inondations dévastatrices ces dernières années, a indiqué la Commission, précisant que les chaleurs et sécheresses de cet été devraient coûter environ 180 milliards d’euros à l’Europe, soit près de 1% de son PIB.
Bruxelles développe d’ores et déjà plusieurs outils numériques d’adaptation climatique. Parmi eux, la carte interactive « European Climate Viewer » qui permettra de visualiser les impacts locaux de la trajectoire de référence.
En outre, les 100 territoires européens les plus vulnérables seront identifiés pour recevoir un soutien sur mesure, alors qu’un répertoire centralisera les méthodologies d’adaptation existantes, tandis qu’un catalogue présentera les projets réussis sur le terrain.
Sur le plan financier, la Banque européenne d’investissement (BEI) a annoncé récemment l’allocation d’au moins 30 milliards d’euros à l’adaptation climatique sur la période 2026-2030.
Par ailleurs, l’exécutif européen va lancer un groupe consultatif (PreparEU) dédié à la préparation aux catastrophes, en plus de créer une Alliance pour l’assurance climatique pour réduire le déficit de couverture des risques, et de préparer un Plan européen contre les vagues de chaleur ainsi qu’une initiative sur l’eau.



