Consommation : Les dessous d’une hausse exponentielle des prix
La hausse du coût de la vie s’est installée depuis des années dans le quotidien des citoyens, grignotant progressivement leur pouvoir d’achat. La flambée des prix des produits alimentaires et des services pèse lourd sur les ménages. Les dépenses alimentaires, les déplacements et les services essentiels absorbent une part importante des revenus, tandis que les hausses successives laissent toujours une empreinte durable sur les budgets.
La Presse — Une apparente flambée des prix est jugée injustifiée. Certains réclament davantage de transparence sur les marges et les circuits de distribution des produits. Monopoles, spéculation et multiplication des intermédiaires figurent parmi les pratiques qu’on souhaite voir combattues plus fermement.
Par ailleurs, l’inflation des produits alimentaires s’est nettement accélérée en septembre 2026, atteignant 8,4 % , contre 7,5 % en août. Cette progression est due aux difficultés du secteur agricole, notamment le déficit hydrique. Selon les dernières données publiées début octobre 2026 par l’Institut national de la statistique (INS) dans son rapport sur « l’indice des prix à la consommation — septembre 2026 », la hausse des prix alimentaires est principalement tirée par plusieurs produits de première nécessité. Les prix des volailles ont augmenté de 16,5 %, ceux des fruits frais de 16,3 %, de la viande ovine de 14,6 % et de la viande bovine de 13 %. Les légumes frais ont progressé de 12,9 %, tandis que les poissons frais ont enregistré une hausse de 10,4 %. A l’inverse, les prix des huiles alimentaires ont reculé de 4,1 %.
Cette accélération des prix alimentaires a contribué à la progression de l’inflation globale, passée de 5,4 % en août à 5,6 % en septembre. Le secteur agricole demeure toutefois soumis à une forte pression en raison de la pénurie d’eau, qui affecte les rendements et l’offre agricole nationale. Les contraintes financières limitent également les marges de manœuvre pour soutenir durablement la production.
Surveillance plus pointue
Selon la Note de conjoncture (juillet 2026) de la Direction des études et des prévisions financières, « la sécurité alimentaire est une question de production, mais aussi de distribution et de pouvoir de négociation ».
À court terme, la protection du pouvoir d’achat exige une surveillance plus pointue des marchés et une meilleure transparence des marges entre production et consommation. À moyen terme, elle suppose une hausse de la productivité et une offre de services publics qui diminue les dépenses contraintes des ménages.
Des baisses à envisagées
Le ministère du Commerce et du Développement des exportations examinera dans les prochains jours les possibilités de réduction des prix de certains produits de consommation dans les grandes surfaces, pour soutenir le pouvoir d’achat des citoyens. Cela démontre en effet que la protection du citoyen est une question fondamentale.
Renforcer la transparence du marché
Par ailleurs, encadrer les prix des produits de consommation de première nécessité et garantir leur disponibilité imposent une réorganisation de toute la chaîne du commerce. Celle-ci devrait passer par un contrôle permettant de suivre les marchandises, les stocks, les transactions financières et les circuits de vente, du producteur et de l’importateur jusqu’au consommateur. L’objectif est de limiter la multiplication des intermédiaires fictifs et la spéculation, tout en renforçant la transparence du marché.
Le contrôle des prix ne devrait pas se limiter à l’examen des factures et à la multiplication de sorties ponctuelles des agents de contrôle. Il exige également de connaître les quantités produites et importées, les volumes des stocks, les sources d’approvisionnement ainsi que les marges bénéficiaires à chaque étape de la commercialisation.
Il faudrait aussi identifier les dysfonctionnements, qu’ils soient liés à une hausse des prix à la production ou à l’importation, à l’augmentation excessive des marges bénéficiaires au stade de l’intermédiation ou à la rétention de marchandises en dehors des circuits habituels d’approvisionnement. Le défi ne consiste pas seulement à intensifier les contrôles et à imposer des sanctions ponctuelles, mais à mettre en place un système intégré associant marchés de gros organisés, traçabilité numérique des marchandises et des transactions, contrôle des stocks et des factures, encadrement des intermédiaires et de leurs marges bénéficiaires, et garantie d’une concurrence équitable.
De même, plus les sources d’approvisionnement, les quantités disponibles et les circuits de distribution seront transparents, plus les autorités seront en mesure d’intervenir de manière préventive pour lutter contre les pénuries et la spéculation, stabiliser davantage les prix et protéger le pouvoir d’achat des citoyens.



