Textile-habillement : Le besoin d’une transformation profonde
Le secteur du textile-habillement, malgré sa résilience, a fini par perdre environ 237 entreprises tout au long de ces cinq dernières années. Et sauf une transformation totale, la situation risque de s’aggraver encore plus. D’ailleurs, depuis le début de l’année en cours, les observateurs parlent déjà de fragmentations structurelles et conjoncturelles majeures.
La Presse —Le rythme de désindustrialisation suit depuis quelques années une trajectoire inquiétante. Le paysage entrepreneurial a perdu, tout au long de ces cinq dernières années, plus de 600 entreprises industrielles.
Et c’est surtout le secteur du textile-habillement qui s’est retrouvé le plus affecté avec 237 unités perdues durant la même période. On reconnaît, en effet, que malgré sa résistance, ce secteur, pour longtemps stratégique, n’a cessé d’évoluer, tout au long de ces dernières années, au ralenti. Aujourd’hui, et indépendamment des discours conventionnels de ses premiers responsables, le textile tunisien, de l’avis de tous les experts aussi bien nationaux qu’internationaux, semble au bord de l’essoufflement. D’ailleurs, depuis le début de 2026, tout laisse à croire qu’il est en pleine zone de turbulence, avec des replis conjoncturels et structurels majeurs.
Ces replis se sont traduits par une baisse significative de la production dépassant les 50% durant l’été. Il faut reconnaître, tout de même, que la crise énergétique et, notamment, les coupures répétitives de l’électricité, justifie, en grande partie cette chute spectaculaire puisque la majorité des entreprises s’est retrouvée à l’arrêt. Un dysfonctionnement qui a été très lourd de conséquences car, en plus de cette rupture au niveau de la production, nos industriels ont été incapables d’honorer leurs engagements internationaux, ce qui a affecté leur crédibilité auprès de leur principale clientèle.
Selon les statistiques disponibles, les exportations du textile-habillement et cuir ont régressé au cours des neufs premiers mois de 2026 de 4,7 % par rapport à la même période de 2025.
Manque de visibilité et de planification
En plus de la question énergétique, ce secteur phare a connu une dégradation significative au niveau de son climat d’investissement, faute de visibilité, de planification et d’orientation. En effet, le solde d’opinion sur l’évolution de l’investissement est passé de +2% fin 2025 à -4% au premier semestre 2026.
Une perte de confiance qui comporte des risques aussi bien pour la compétitivité que la survie même de l’activité.
Justement, le manque d’investissement signifie, systématiquement, un décrochage au niveau de la modernisation, un frein sérieux à la compétitivité, un blocage à la transition aussi bien écologique que numérique, une perte de réactivité et, donc, une marginalisation profonde auprès des donneurs d’ordre internationaux.
Sans parler, bien évidement, des dimensions sociales et, notamment, la perte d’entreprises et d’emplois.
Autant de menaces qui placent le secteur devant l’obligation d’opérer des transformations majeures pour se préserver. Des changements qui devraient porter, entre autres, sur l’intégration rapide des technologies numériques et l’accélération de la transition écologique pour pouvoir automatiser les lignes de production et rester, ainsi, compétitifs face à nos concurrents directs.
Les changements devraient porter, également, sur l’instauration d’une nouvelle dynamique d’investissement, la diversification soutenue des marchés, l’élargissement du niveau du co-développement et la valorisation du capital humain.



