Pourquoi: La nuit et les faux ramasseurs de plastique
Chaque soir, aux principaux carrefours d’El Menzah, d’El Manar ou encore d’Ennasr, le même scénario se répète inlassablement. Un homme, parfois un adolescent, déambule entre les voitures avec un grand sac rempli de bouteilles en plastique. À première vue, il pourrait s’agir d’un collecteur de déchets contribuant à la propreté de la ville. Mais à y regarder de plus près, le stratagème apparaît grossier : le même sac, les mêmes bouteilles disposées de la même manière, les mêmes gestes et surtout la même insistance auprès des automobilistes.
Personne n’est dupe. La collecte de plastique n’est bien souvent qu’un décor destiné à légitimer une mendicité déguisée. Pire encore, ces carrefours semblent faire l’objet d’un véritable repérage. Les mêmes visages occupent les mêmes feux rouges, aux mêmes heures, dans les quartiers réputés les plus aisés de la capitale. Une organisation qui interroge et qui ne relève manifestement pas du hasard.
Comment accepter que de tels spectacles deviennent une banalité dans des quartiers qui se veulent des vitrines de la capitale ? Pourquoi les autorités locales et les structures sociales compétentes continuent-elles à fermer les yeux sur ce phénomène de plus en plus visible ? Entre précarité réelle et escroquerie organisée, une distinction doit être faite.



