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Editorial

L’OTE et le pari de la confiance retrouvée

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  • 8 mai 2026
  • 3 min de lecture
L’OTE et le pari de la confiance retrouvée

Voici, enfin, une bonne nouvelle ! L’annonce par l’Office des Tunisiens à l’étranger (OTE) du lancement d’une plateforme dopée à l’intelligence artificielle pour guider nos investisseurs résidant à l’étranger sonne comme un premier acte de contrition. Il était temps. Car ne nous voilons pas la face : après une décennie de cafouillages byzantins, de dédales procéduriers et, disons-le tout net, de «chantage» administratif déguisé en zèle bureaucratique, le capital de confiance de nos compatriotes s’était évaporé vers des cieux plus cléments.

L’occasion est belle, et il faut la saisir à bras-le-corps! Voir l’OTE se muer en «contact unique» et déployer des outils numériques de pointe pour briser les silos de l’inefficacité est une avancée que nous devons saluer. Mais — et c’est là que le bât blesse — attention à ne pas succomber au mirage de la solution purement technologique.

Hélas ! On aurait tort de croire que l’IA, aussi prophétique soit-elle, pourra à elle seule terrasser des habitudes qui ont la peau dure. Le logiciel peut bien détecter une corrélation invisible, il reste impuissant face au rictus d’un guichetier récalcitrant ou à la lenteur métastatique d’un dossier «mis sous le coude». La fracture n’est pas seulement numérique, elle est comportementale. Ce que nos investisseurs ont fui, ce n’est pas l’absence de portails web, c’est l’atavisme d’une administration qui perçoit parfois les TRE comme une vache à lait.

Il est impératif de mettre à niveau l’humain. Le vis-à-vis de l’investisseur, celui qui incarnera l’État derrière l’écran ou au siège de l’OTE, doit être imprégné d’une culture du service qui confine à l’ascèse. Si l’IA simplifie la mesure, l’agent doit simplifier la vie. Sans une révolution des mentalités, nous ne ferons que numériser nos échecs.

Que cette plateforme soit donc le socle d’une éthique nouvelle. Il ne s’agit plus seulement de faciliter des «transferts de devises», mais de sceller des «transferts de respect». Si nous voulons que l’investissement direct devienne une épiphanie mémorielle pour nos expatriés, traitons-les enfin comme les bâtisseurs qu’ils sont, et non comme des dossiers à purger. La technologie est prête, nos cœurs et nos bureaux le sont-ils ?

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Auteur

Salem Trabelsi

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