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Culture

« Soft Monuments » à Yosr Ben Ammar Gallery : Le fragile pour habiter la mémoire

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  • 8 mai 2026
  • 3 min de lecture
« Soft Monuments » à Yosr Ben Ammar Gallery : Le fragile pour habiter la mémoire

« Dans un paysage culturel habituellement envoûté par la ruine et la préservation, “Soft Monuments” célèbre la beauté de l’éphémère. Ici, les matériaux non conventionnels deviennent les vecteurs d’un patrimoine immatériel, tissant un pont entre les savoir-faire ancestraux et la critique contemporaine ».

La Presse — Yosr Ben Ammar Gallery présente, dans le cadre de la 8e édition de « Phosphor Creative District » (du 14 au 16 mai),— un événement dédié à l’art, le design, l’artisanat, la mode et les expériences culinaires organisées à Bhar Lazreg— l’exposition de groupe « Soft Monuments ».

L’exposition mettra à l’honneur les propositions des artistes : AbdessLem Ayed, Akacha, Amor Ghademsi, Bechir Boussandel, Fares Dhifi, Gail Gosschalk, Hamza Sellmy, Hela Ammar, Hela Lamine, Khedija Essaied Jeddi, Marlo Kara, Mohamed Ben Soltane, Noutayel, Safa Attyaoui, Sirine Boubaker, Tom Egoumenides, Ymen Berhouma, dont la plupart ont déjà exposé dans la galerie.

On y annonce une idée du monument qui ne tient plus à la stabilité ni à la verticalité, mais à une forme de remaniement presque imperceptible des matières et des récits. Une volonté de « défaire la monumentalité », de ne plus sacraliser la pierre, mais, plutôt, écouter ce que les matériaux dits fragiles comme le textile, le papier et les  fibres peuvent encore porter de mémoire et d’histoire.

On comprend alors, d’après le texte présentateur de l’exposition, qu’une autre politique de la mémoire est engagée par le geste créatif, moins fondée sur la permanence que sur la circulation, la transformation, l’usure même. Comme si la mémoire cessait d’être un bloc pour devenir une matière en train de se faire et de se défaire. Cette douceur annoncée n’a rien d’un effacement. Elle agit plutôt comme une résistance silencieuse aux formes de monumentalité qui figent et hiérarchisent. En donnant place à l’éphémère, à l’instable, à ce qui se défait, l’exposition veut déplacer aussi la question du patrimoine loin de ce qui s’érige et plus près ce qui circule entre les corps, les gestes, les transmissions discrètes.

C’est dans cette tentative de faire du fragile une autre manière d’habiter la mémoire plus poreuse, plus vivante, et paradoxalement plus persistante, que reposent les travaux des artistes qui font écho aux mémoires orales, aux traditions murmurées et aux paysages sonores.

« Dans un paysage culturel habituellement envoûté par la ruine et la préservation, “Soft Monuments” célèbre la beauté de l’éphémère. Ici, les matériaux non conventionnels deviennent les vecteurs d’un patrimoine immatériel, tissant un pont entre les savoir-faire ancestraux et la critique contemporaine », lit-on dans le même texte.

A découvrir jusqu’au 27 juin 2026.

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Auteur

Meysem MARROUKI

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