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Société

Chiens errants : Maîtriser la reproduction savamment et durablement

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  • 8 mai 2026
  • 5 min de lecture
Chiens errants : Maîtriser la reproduction savamment et durablement

Les chiens errants continuent à poser un sérieux problème de société. Ils font l’objet d’un conflit idéologique entre les scientifiques et les défenseurs des droits des animaux ! Et entre les deux idéologies que tout semble séparer, des atrocités sont commises au nom de la sécurité humaine.

La Presse —Nul n’ignore que le nombre de la race canine dans le milieu urbain va crescendo. Cela fait suite à l’absence de tout programme à même de maîtriser leur reproduction. Et voilà que les chiens errants, qui se limitaient à deux ou trois par quartier forment, désormais, des meutes à chaque coin de rue. Leur présence inquiète les habitants, qui redoutent leurs imprévisibles attaques. Il faut dire que la crainte est légitime. Les chiens sont, indéniablement, les principaux canaux de contamination par la rage ; une maladie mortelle. Sur les réseaux sociaux, des plaintes sont publiées et des requêtes sont avancées afin d’inciter les parties concernées à libérer les quartiers de ces animaux qui semblent être de trop…

L’abattage : l’horreur à l’épreuve !

Sur les réseaux sociaux, tout comme dans la réalité, des associations et des particuliers actifs dans la lutte pour les droits des animaux se mobilisent inlassablement, tentant un tant soit peu de sauver les chiens errants menacés d’abattage. C’est que, jusqu’à nos jours, l’abattage est considéré comme étant la solution au problème. Et en dépit des propositions faites aux parties concernées pour résoudre le problème d’une manière civilisée, humaine et efficiente, le recours à l’extermination de la race canine continue. Pourtant, il serait plus performant de leur consacrer des refuges, de les stériliser afin de maîtriser leur reproduction à moyen et à long terme et de les sauver ainsi de la rue tout comme de répondre favorablement aux requêtes des habitants. Or, des horreurs sont commises régulièrement, au vu et au su des passants, pour pourchasser les chiens errants et mettre fin à leur vie de la manière la plus sauvage qui soit.

Armés d’un fusil, les agents chargés de l’abattage des chiens font preuve d’implacabilité: chiots, chiennes allaitantes, des chiens dociles pris en charge par les habitants d’un quartier sont massacrés impitoyablement. Pis encore : une photo avait circulé sur les réseaux sociaux montrant un chien attaché à une corde au-devant d’une maison, tué à coup de fusil par lesdits agents. Ces derniers avait même abattu, souvenons-nous, des chiens vaccinés et marqués comme tels ! Alors que la principale menace que représentent les chiens errants n’est autre que la contamination par la rage !

Vaccin antirabique : une discrimination sur fond de coordination

Paradoxalement, des campagnes de vaccination antirabique sont organisées perpériodiquement, au profit des animaux de compagnie, les chiens errants en sont exclus. Ces actions s’inscrivent, rappelons-le, dans le cadre du programme national de lutte contre la rage, qui est régi par une commission spécialisée. La direction des soins et de santé de base (Dssb), relevant du ministère de la Santé, met à la disposition des propriétaires de chiens et des animaux susceptibles d’attraper et de transmettre la rage plus d’une quarantaine de centres vétérinaires antirabique.

De son côté, le ministère de l’Agriculture, de la pêche maritime et des ressources hydriques garantit la vaccination contre la rage à titre gratis au profit d’animaux de compagnie notamment les chats et les chiens. Pourtant, il aurait été plus logique de miser sur la vaccination des chiens errants qui circulent dans l’espace public, livrés à leur sort ! C’aurait été une solution à la fois efficace et plus humaine, surtout que les services vétérinaires relevant du ministère de l’Agriculture sont partants pour de pareilles actions, à condition de trouver une collaboration fructueuse avec les parties concernées.

L’intérêt de l’animal n’entrave pas celui de l’homme !

Il est clair que le dossier des chiens errants n’a toujours pas été débattu sur des bases solides. L’abattage de ces animaux n’a, jusque-là, pas donné des résultats radicaux. Il restera toujours une fausse solution tant que les parties concernées n’ont pas établi de solutions fiables à moyen et à long terme; des solutions non-sanguinaires, qui nécessiteraient plutôt des interventions vétérinaires qu’une balle de fusil ! Les solutions salutaires pourraient être les fruits de concertations et de collaborations aussi bien entre les parties concernées notamment le ministère de l’Intérieur et celui de l’Agriculture, mais aussi entre les ministères et la société civile. Une telle mesure serait le commencement d’une nouvelle vision, servant à la fois l’intérêt humain et celui animal. Les pauvres créatures vivent sous la menace des balles du fait de l’absence de mesures les protégeant. Il est temps d’appliquer la loi pro-animale dans notre pays !

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Auteur

Dorra BEN SALEM

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