Le soleil est parfois timide en ce mois de mai, mais il est assez chaud pour faire démarrer et amplifier l’activité des particules qui se trouvent dans les contenants en plastique qui, à leur tour, transfèrent une bonne partie d’entre elles dans nos assiettes, boissons, sucreries, laitages, gâteries de toutes sortes que les enfants, surtout, adorent.
La Presse — Les trottoirs bien entendu les reçoivent en long et en large. Les rondes qui passent ne réagissent pas. Tout comme celles qui tolèrent ou autorisent (!?) ces bidons, squelettes de frigos, traverses de rails en béton, chaises à trois pieds, rouleaux de curage d’égouts et autres obstacles pour s’approprier la chaussée et empêcher un stationnement autorisé par la municipalité des lieux.
C’est comme si ces municipalités n’avaient pas besoin d’argent et considéraient que seules les voitures sont à sanctionner. Imaginez ce que ces occupations illégales des trottoirs et de la chaussée pourraient rapporter comme argent, ordre et discipline.
Conservation des produits alimentaires
Mais ce n’est point là notre sujet. Cette arrivée de la saison chaude est toujours une occasion de rappeler que la manipulation des denrées alimentaires et leur stockage constituent un problème qui n’a jamais trouvé de solution. On y revient de manière régulière, on se réunit quelque part pour trouver des solutions qu’on annonce en grande pompe. Pour ne rien faire.
Et cela repartira l’année d’après, avec le même enthousiasme pour reprendre en main des chefs-lieux que l’indiscipline de comportement défigure sans qu’on réagisse.
Parce qu’en fin de compte, la solution réside dans l’autorisation à accorder à tous ceux qui souhaiteraient s’adonner à un commerce de produits alimentaires. Nous n’aimons pas ces «autorisations» qui pourraient tout bloquer ou encourager les spéculations. Ces cahiers des charges que l’on conçoit pour tout remettre en cause pour un rien. Ces paperasses qui s’accumulent, mais lorsqu’il s’agit de la santé des citoyens consommateurs, il faut absolument prendre des précautions. Et quand l’inconscience et la mauvaise foi s’y mêlent, il devient absolument nécessaire d’agir et de prendre des initiatives.
Parmi les conditions qu’il faudrait inclure pour exercer une activité en relation avec la santé des consommateurs, l’existence d’une petite chambre froide et un lieu de stockage pour l’eau et autres denrées alimentaires pouvant être rangées a température ambiante. Actuellement, l’aire de stockage est bien en vue sur les trottoirs sous un ardent soleil. Nous ne sommes plus à l’époque de l’épicier qui travaille et dort dans son échoppe. Le monde a évolué et surtout le consommateur est devenu exigeant, voire trop regardant.
L’expérience a prouvé que les vitrines réfrigérées, que la majorité des épiciers ou petites échoppes, éteignent la nuit pour faire des économies, ne servent pas à grand-chose. Avant d’ouvrir l’épicerie, un coup d’épingle dans le pot de yaourt gonflé parce que avarié, règle le problème. Les vomissements ou les diarrhées qui s’ensuivent, personne n’en parle.
Imposer un lieu de conservation des produits sensibles est un minimum pour protéger le consommateur et revaloriser ces épiceries qui deviennent des fourre-tout. On y trouve des pâtisseries artisanales et autres produits sucrés à l’air libre, toutes sortes de pains que les milliers de personnes, les mains suantes palpent, des pots de préparations diverses comme de la salade «méchouia» qui flottent dans de huile végétale, etc.
Quand va-t-on se décider à organiser ces lieux qui n’ont pas évolué depuis la nuit des temps? Et on vient se plaindre des intoxications et autres maux, conséquence de ces conditions de vente. Il semble que l’on doit exiger que tous les produits sensibles soient mis à l’abri pour éviter les complications. Donner un délai pour se mettre à niveau pourrait limiter les risques qui se multiplient lors de la saison estivale surtout.
Pour le respect de la chaîne du froid il faudrait revenir.
Les conditions de vente
Par cette chaleur qui s’annonce, l’interdiction de déposer sur les trottoirs l’eau, les boissons gazeuses qui sont d’ailleurs souvent livrées par des livreurs dont les camions, supposés isothermes mais sans l’équipement adéquat ou tout simplement découverts.
Ces insuffisances on les remarque partout. Pourtant, les précautions exigées par la réglementation en vigueur régissant le transport de ce genre de produits et leur stockage, ne datent pas d’aujourd’hui. Il est temps que les autorités concernées s’y mettent sérieusement pour l’appliquer.
La mise en place de rondes
Indépendamment de cet aspect, la mise en place de rondes régulières chargées d’appliquer la loi tant au niveau sanitaire qu’obligation d’observer le minimum de discipline de comportement 24 sur 24, est nécessaire indépendamment des services de contrôle habituels. Cela pourrait contribuer à mettre de l’ordre dans des centres-villes qui étouffent sous le nombre des voitures qui circulent de manière plus ou moins désordonnée.
Il n’y a pas mieux pour imposer le minimum de discipline que de réprimer ces occupations sauvages des trottoirs et de la chaussée, interdire et sanctionner les stationnements des voitures particulières n’importe où, des taxis qui bloquent toute la circulation pour embarquer ou débarquer des clients qui prennent leur aise, que la présence régulière d’agents capables de rappeler aux contrevenants que le respect de la loi est à la base de toute civilisation.



