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Kotouf 2026 : Au cœur des littératures du Sud

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  • 4 octobre 2026
  • 4 min de lecture
Kotouf 2026 : Au cœur des littératures du Sud

Et si les littératures du Sud pouvaient se rencontrer sans devoir passer par les mêmes capitales, les mêmes circuits et les mêmes centres de légitimation ? C’est l’une des questions qui traversent la deuxième édition de Kotouf–Festival des Littératures du Sud, prévue les 15 et 16 octobre à Djerba.

La Presse — Du 15 au 16 octobre, la deuxième édition du Festival des Littératures du Sud réunira à Djerba écrivains, poètes, penseurs et artistes du Maghreb, du Machrek et d’Afrique subsaharienne. Une rencontre qui entend déplacer les centres de gravité de la création littéraire et faire du Sud un espace de dialogue depuis lequel les récits circulent.

Et si les littératures du Sud pouvaient se rencontrer sans devoir passer par les mêmes capitales, les mêmes circuits et les mêmes centres de légitimation ? C’est l’une des questions qui traversent la deuxième édition de Kotouf-Festival des Littératures du Sud, prévue les 15 et 16 octobre à Djerba.

Après une première édition en 2025, le festival revient avec la volonté de faire de l’île tunisienne un espace de circulation des textes, des idées et des imaginaires.

Le nom même de « Kotouf », qui renvoie aux notions de cueillette et de récolte, résume cette démarche : recueillir des voix venues de territoires différents, les faire se rencontrer et créer, à partir du Sud, des passerelles entre des expériences et des écritures.

Pour cette deuxième édition, la programmation rassemble des écrivains, poètes, philosophes, cinéastes, traducteurs et chercheurs venus de plusieurs horizons. Parmi les invités figurent notamment la romancière tunisienne Amira Ghenim, l’écrivain tunisien Moha Harmel, Afifa Semiti, Sofiane Rejeb, Mohamed Aïssa El Moadeb, Bochra Fourti, le cinéaste burkinabè Dani Kouyaté, le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne, l’écrivaine et journaliste libanaise Joumana Haddad, la poétesse et traductrice algérienne Lamis Saïdi, ainsi qu’Inès Senghor, Iain McPherson et Abdenour Zahzah.

La littérature y côtoiera la poésie, la philosophie, le cinéma, la traduction et la recherche. Une diversité qui correspond à l’ambition de Kotouf : faire dialoguer le Maghreb, le Machrek et l’Afrique subsaharienne, non pas comme des espaces littéraires séparés, mais comme des territoires capables de produire leurs propres circulations et leurs propres rencontres.

Les échanges se déroulent en arabe, en français et en anglais, faisant de la pluralité linguistique non pas une simple donnée du programme, mais l’un des moyens de faire entendre cette diversité des voix.

Le festival ne se limite toutefois pas à une succession de rencontres. Il entend aussi inscrire la littérature dans le territoire qui l’accueille et proposer une autre manière de regarder Djerba. Au-delà de son image touristique, l’île est envisagée comme un espace de patrimoine, de mémoire, de transmission et de création.

Tables rondes, lectures, performances et ateliers investissent ainsi différents espaces, avec notamment les «Contes sur une barque», proposition qui fait sortir la littérature des lieux habituels de rencontre pour la confronter au paysage et à l’environnement djerbien.

Cette attention portée au territoire s’accompagne d’un volet consacré à la jeunesse. Des établissements scolaires de l’île seront associés aux activités du festival, dans une volonté de rapprocher les nouvelles générations du livre, de la création et de la rencontre avec les auteurs.

Au-delà de sa programmation, Kotouf porte ainsi une réflexion sur la géographie de la circulation littéraire. Le festival part du constat que les littératures du Maghreb, du monde arabe et de l’Afrique ont souvent été pensées à travers des circuits éditoriaux, culturels et institutionnels dont les principaux centres se situent ailleurs.

À Djerba, il s’agit de déplacer ce regard. Pendant deux jours, l’île devient un point de rencontre à partir duquel les Suds peuvent se raconter, se penser et dialoguer entre eux, tout en restant ouverts sur le monde.

Porté aujourd’hui par Fatma Bouvet de la Maisonneuve, Mounira Dhaou et Sourour Barouni, Kotouf entend inscrire cette démarche dans la durée et faire de Djerba un rendez-vous régulier pour les littératures du Sud.

Plus qu’un festival consacré à une géographie littéraire, Kotouf cherche ainsi à construire un espace de rencontres: un lieu où les textes circulent, où les langues se croisent et où les imaginaires peuvent se rencontrer sans nécessairement emprunter les chemins déjà tracés.

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Auteur

Asma DRISSI

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